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Un semis après la récolte du blé d’un mélange d’engrais vert 14 espèces. On y voit principalement de l’avoine, du radis décompacteur et du navet fourrager, et si l’on regarde attentivement, un peu de pois, de vesce et de sorgho. Photo : Martin Mercier/Agrocentre Technova inc.

Un semis après la récolte du blé d’un mélange d’engrais vert 14 espèces. On y voit principalement de l’avoine, du radis décompacteur et du navet fourrager, et si l’on regarde attentivement, un peu de pois, de vesce et de sorgho. Photo : Martin Mercier/Agrocentre Technova inc.

Les rôles des cultures de couverture

Qu’elles soient implantées en intercalaire de la culture principale, ou à la dérobée à l’automne, les cultures de couverture (CC) jouent plusieurs rôles importants dans un système de production agricole. Selon le choix des espèces de CC, elles contribuent à la réduction de l’érosion, à la gestion de la compaction et à la gestion de la fertilisation.

De manière générale, les CC améliorent la structure du sol ce qui augmente la capacité d’infiltration et se traduit par un meilleur drainage de surface. De plus, elles mobilisent les éléments fertilisants et les rendent plus disponibles aux cultures. Aussi, elles protègent de l’érosion, aident à lutter contre les mauvaises herbes et contribuent même à -briser le cycle vital de certaines maladies ou de certains insectes.

À la volée ou semés?

Il vaut mieux semer les engrais verts en sillons, ou du moins les incorporer légèrement dans le sol après l’application. Si les semences sont laissées en surface, la germination sera grandement réduite, surtout s’il ne pleut pas dans les jours qui suivent. Par contre, l’application à la volée est définitivement préférable à laisser le sol à nu.

Pour l’établissement d’une culture de couverture en intercalaire du maïs, le ray-grass est très populaire. C’est une espèce qui s’établit bien, sans faire trop compétition à la culture principale. Son système racinaire fasciculé, propre aux graminées, colonise bien le sol, retient les éléments nutritifs et améliore la portance de celui-ci à l’automne : c’est une bonne combinaison avec le lisier, pour ceux qui en ont à gérer.

On le sème à la volée dans l’entre-rang lorsque le maïs est au stade cinq  feuilles et on l’enfouit légèrement. Il faut faire attention au traitement herbicide appliqué pour ne pas nuire à l’établissement du ray-grass. Souvent, il est suggéré d’ajouter en mélange au moins une légumineuse et une crucifère.

Combien d’espèces utiliser?

Il est possible de classer les nombreux végétaux qui peuvent être employés comme cultures de couverture en quatre grandes familles : légumineuses, graminées, crucifères et les autres telles que le lin, le tournesol et la phacélie.

Le fait de mélanger certaines espèces est un avantage en raison de leur complémentarité. Ainsi, on peut profiter des qualités propres à chaque famille et maximiser l’utilisation de l’espace en agençant les plantes selon leur physiologie.

Quand on en augmente le nombre, il finit par y avoir de la redondance. Ça peut être intéressant parce que l’on a plus de chance d’en voir au moins une s’implanter, par exemple, le trèfle d’Alexandrie fera mieux que le trèfle incarnat en situation de sécheresse. Mais en même temps, cette méthode augmente le risque de compétition pour les ressources. En outre, il semble qu’au bout du compte, ça ne fait pas vraiment de différence sur les biomasses racinaires et aériennes totales ni sur le -rendement de la culture.

Pour l’utilisation en intercalaire, un mélange de quatre espèces pourrait très bien faire l’affaire, alors qu’on pourra en augmenter le nombre lorsque la culture de couverture sera implantée en plein champ, ne serait-ce que pour découvrir différentes espèces et apprendre à travailler avec toute cette biodiversité. 

Le saviez-vous?

Un hectare de sol abrite 20 000 kg d’organismes vivants qui se nourrissent de végétaux et de matière organique. Leur présence contribue à maintenir le sol en santé et permet aux végétaux qu’on y cultive de croître et de se développer. Les cultures de couverture donnent aussi la possibilité de garder tout ce beau monde en vie.

CATHERINE FAUCHER, AGR., Conseillère agronomique au réseau Agrocentre