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Le Québec s'illustre en matière de marge brute à l’hectare pour le maïs-grain, le soya et le canola, et ce, comparativement à l’Ontario et aux États-Unis. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Le Québec s'illustre en matière de marge brute à l’hectare pour le maïs-grain, le soya et le canola, et ce, comparativement à l’Ontario et aux États-Unis. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Les producteurs de grains du Québec font mieux que ceux de l’Ontario

Une nouvelle étude sur la compétitivité du secteur des grains du Québec indique que les producteurs du Québec ont obtenu de meilleurs revenus à l’hectare dans les cultures dominantes comme celles du soya et du maïs par rapport à leurs voisins de l’Ontario, une province qui affiche une météo similaire.

Ils ont également reçu plus d’argent pour ces récoltes et plus d’argent  des programmes gouvernementaux que les Ontariens. Par contre, les producteurs américains ont enregistré de meilleures marges brutes que les Québécois, en raison de leurs rendements supérieurs et de leur plus faible taux ­d’endettement, souligne également cette étude réalisée par la firme Forest Lavoie Conseil, à la demande du ministère de l’Agriculture du Québec.

De meilleurs prix

Les producteurs de grains du Québec ont obtenu la meilleure moyenne de prix pour le maïs, le soya et le blé en Amérique du Nord lors de la période de 2014 à 2019. Par exemple, ils ont vendu leur maïs en moyenne à 203 $ la tonne (t), comparativement à 175 $/t pour les Américains et 185 $/t pour les Ontariens. « Le Québec a une production animale (volaille, porc, etc.) très importante. Et ça coûte cher aux éleveurs de faire venir du maïs. C’est ce qui génère de meilleurs prix sur le marché local. Pour le soya, le fait d’être près de la voie maritime fait en sorte que ça coûte moins cher de le sortir », analyse Gilbert Lavoie, l’un des auteurs de l’étude.

Les producteurs québécois ont reçu plus d’aide du gouvernement pour la période allant de 2014 à 2018. Par exemple, les fermes spécialisées en grains en Montérégie ont reçu 80 $ l’hectare (ha) du gouvernement, soit 4,1 % de leurs recettes monétaires, comparativement à 71 $/ha pour celles de l’Iowa et 66 $/ha pour celles du sud de l’Ontario. Mentionnons cependant que les subventions de l’administration Trump en 2019 ont fait exploser l’aide aux producteurs de l’Iowa à 242 $/ha en 2019, une décision électoraliste, présume M. Lavoie.

Les rendements de maïs ont été plus faibles au Québec entre 1981 et 2019 qu’aux États-Unis et qu’en Ontario, tandis qu’ils sont équivalents pour le soya pour la même période. À ce sujet, M. Lavoie souligne une nuance importante. « Au Québec, les régions périphériques qui font graduellement du soya et du maïs à mesure que les unités thermiques le permettent font baisser la moyenne générale », précise-t-il. Les rendements en blé ont été plus faibles au Québec qu’en Ontario, mais meilleurs qu’aux États-Unis, révèle l’étude.

Le Québec fait bonne figure en matière de marge brute à l’hectare pour le maïs-grain, le soya et le canola, mais n’obtient pas d’aussi bons résultats en ce qui a trait aux céréales à paille. Les auteurs font valoir que les producteurs québécois pourraient améliorer leur sort s’ils développaient davantage le canola, mais surtout s’ils misaient davantage sur les cultures biologiques. Les marges du maïs, du blé et du soya bio ont été deux à quatre fois supérieures aux grains non bio durant la période 2015-2019.

L’achat de terres plombe les liquidités

L’étude indique que les entreprises spécialisées en production de grains au Québec et en Ontario ne génèrent pas beaucoup de bénéfices par rapport à leur endettement, ce qui affecte leurs liquidités. La décision des entreprises d’acheter des terres à un prix qui dépasse la valeur agronomique explique notamment l’endettement élevé des fermes québécoises par rapport aux américaines.

Finalement, l’étude spécifie que les normes environnementales au Québec sont plus sévères et que les agriculteurs américains bénéficient d’un meilleur soutien financier en environnement, un élément que déplore Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec, à la suite de sa lecture de l’étude. Les changements climatiques qui apportent des problèmes de sécheresse aux États-Unis et ailleurs pourraient cependant devenir une opportunité pour les producteurs du Québec, conclut l’étude.