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Denys Van Winden remarque que l’implantation de saules comme biomasse est plus facile sur les terres de moins bonne qualité que celle du miscanthus.

Denys Van Winden remarque que l’implantation de saules comme biomasse est plus facile sur les terres de moins bonne qualité que celle du miscanthus.

Les limites du miscanthus

Si le saule cultivé dans des fermes de la Montérégie afin d’être broyé puis utilisé comme biomasse à ajouter aux terres noires pousse facilement dans les sols de moins bonne qualité, le producteur Denys Van Winden, de Sherrington, remarque que les rendements de miscanthus, destiné à la même utilisation, sont moins intéressants qu’espérés. « On a eu de la misère à implanter le miscanthus. On nous disait que ça poussait partout, même sur les terres marginales, mais les résultats sont peu concluants. Quand on le met sur des bonnes terres, ça pousse bien, mais on perd de l’espace pour la culture de légumes », souligne l’agriculteur.

Le professeur Jean Caron confirme le phénomène. « Quand le sol va être mince, le saule va bien pouvoir pousser dedans, mais le miscanthus a plus de misère à s’installer », admet-il.

La culture de ces plantes ne constitue toutefois pas les seules options envisagées pour permettre la reconstitution des terres noires. « Il y a aussi des producteurs qui ont acheté des copeaux de bois à ajouter dans le sol, mais ça représente un coût important de transport. Donc il faut que la biomasse soit à proximité », souligne le chercheur, d’où l’intérêt, dit-il, de cultiver la biomasse à la ferme. « L’idée, c’est que dès qu’un sol n’est plus cultivable, aussi bien essayer de produire de la biomasse dedans. Mais c’est sûr que prendre un bon sol organique pour faire ça, ce n’est peut-être pas un bon choix. Les producteurs sont peut-être mieux d’acheter cette biomasse ou de la produire sur une terre argileuse avoisinante », souligne Jean Caron. 


Des défis de rentabilité

L’équipe du chercheur Jean Caron à l’Université Laval travaille à établir un portrait économique des différentes méthodes de préservation des terres noires testées. « On est [confiants quant aux] solutions, mais ce qu’on ne connaît pas, c’est la rentabilité finale de ces solutions », note le chercheur, admettant par exemple que la culture de biomasse et son ajout dans le sol impliquent des coûts supplémentaires pour les producteurs en argent et en temps, ce qui pourrait freiner l’adoption de la pratique.


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Ce texte a été publié dans l’édition du 15 juin 2022 de La Terre de chez nous, dans le cadre d’un dossier complet sur les terre noires. Pour y accéder ou vous abonner, cliquez ici.