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Les producteurs maraîchers de la Montérégie ont profité des quelques jours de beau temps en mai pour amorcer leurs semis. Photo : Martin Primeau / TCN

Les producteurs maraîchers de la Montérégie ont profité des quelques jours de beau temps en mai pour amorcer leurs semis. Photo : Martin Primeau / TCN

Lent départ chez les maraîchers

Les producteurs maraîchers du Québec subissent eux aussi les contrecoups de la météo qui entraîne pour plusieurs des retards dans leurs semis. « C’est du jamais vu pour moi », lance au bout du fil Marc-André Roussel, un jeune agriculteur de Sainte-Sabine, en Montérégie.

Les journées froides et pluvieuses des dernières semaines l’ont empêché de semer ses oignons, notamment. Ses plants de fraises, eux, connaissent également un lent départ. « Les fleurs commencent à apparaître, dit-il. On sera en retard d’au moins 10 jours. »

Dix jours, c’est aussi le retard qu’envisage Patrice Riendeau, du Potager Riendeau à Saint-Rémi, pour la récolte de ses premières laitues. « On vise au mieux le 18 juin », dit celui qui trouvait encore de la glace dans ses champs le 7 mai.

Denys Van Winden ajuste les disques de son semoir. Photo : Martin Primeau / TCN

Denys Van Winden ajuste les disques de son semoir. Photo : Martin Primeau / TCN

Le retard des semis ne préoccupe pas que les producteurs. Parlez-en à Pascal Roy, un fournisseur de semis qui récupère ses cabarets après la mise en terre. « Certains de mes clients sont en retard de trois semaines, dit-il. Si c’est comme ça pendant encore une semaine, je vais manquer de cabarets pour mes nouveaux semis. »

Selon Jocelyn St-Denis, directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, la situation ne peut pas encore être qualifiée d’inquiétante. « Au pire, ce retard va se traduire par des pertes de ventes pour certains agriculteurs, dit-il, mais le retard peut être rattrapé si la météo s’améliore. »

Moins de laitues romaines

Les producteurs consultés par La Terre adoptent cette année un plan de production relativement similaire à celui de l’an passé. C’est le cas de Denys Van Winden, un agriculteur de Sherrington qui prévoit toutefois réduire de 10 % sa production de laitue romaine, un produit qui tarde à regagner la confiance des consommateurs depuis le rappel de milliers de laitues californiennes l’hiver dernier. « Les prix sur les contrats ne montent pas, dit-il, alors on reste prudents. »

Patrice Riendeau adopte la même stratégie et remplacera une partie de sa production de laitues romaines par des cœurs de romaine. D’autre part, il n’envisage pas de semer plus de céleri cette année pour profiter de l’augmentation récente des prix pour ce légume. « Cette hausse est due à une tempête qui ne durera pas », croit-il.