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Éric Lapierre a créé un système bien à lui pour la culture de grains et de céréales. Photo : Caroline Morneau/TCN

Éric Lapierre a créé un système bien à lui pour la culture de grains et de céréales. Photo : Caroline Morneau/TCN

Il choisit de retirer le maïs de sa production

SAINT-NAZAIRE-D’ACTON – À contre-courant par rapport à ses confrères, Éric Lapierre a fait le choix cette année de ne pas cultiver de maïs, même s’il s’agit normalement de l’une de ses cultures les plus payantes.

C’est qu’après avoir fait des calculs, le producteur de grains et de céréales de Saint-Nazaire-d’Acton en Montérégie estime plus avantageux de miser sur un système intégrant plusieurs cultures différentes qu’il sème et récolte successivement à des moments stratégiques. Celui qui fonctionne en semis directs améliore ainsi progressivement la qualité de ses sols et maximise ses rendements à long terme. En plus, il économise sur la machinerie destinée strictement au maïs.

« Plusieurs producteurs pensent en silo. Ils vont semer ce qui est payant. Moi, ce que je remarque depuis longtemps c’est que le maïs ne cadre plus dans mon set-up », indique le producteur qui a plutôt cultivé cette année de l’orge, du soya, du blé d’automne, du blé de printemps et du canola. À son sens, la récolte tardive du maïs réduit le temps qui lui reste pour veiller à la santé de ses sols lorsque la température est idéale. Les cultures dont la récolte est plus hâtive comme le canola, en revanche, élargissent les possibilités. « Pour la première fois de ma vie, c’est mon blé d’automne qui m’a rapporté le plus; ç’a dépassé mon soya. Mon rendement s’améliore grâce à la qualité de mes sols qui s’améliore. Et ça, c’est grâce à mon canola que je cultive depuis quatre ans. Le canola se récolte début septembre. C’est la plage idéale de semis pour le blé d’automne. »

En 2021, même sans la flambée du prix du soya et du blé, l’agriculteur calcule qu’il aurait dégagé la même marge brute moyenne à l’hectare qu’à l’habitude, ce qui tourne autour de 1 075 $, et ce, en excluant le maïs de sa production. « Mes cultures, c’est comme une équipe qui travaille ensemble. Dans une équipe, ça prend du monde qui travaille dans l’ombre pour que tout le système tienne la route », illustre-t-il.

Une culture plus exigeante que les autres

Éric Lapierre souligne par ailleurs que le maïs est une culture à forts volumes qui exige trois fois plus de temps de récolte, de transport et de manutention qu’une superficie équivalente de soya. Par ailleurs, les installations pour l’entreposage doivent être beaucoup plus grandes.
« Ça aussi, ça compte. J’ai les mêmes marges et c’est moins de trouble », dit-il. Le producteur souligne également que le maïs requiert de l’équipement qui lui est destiné exclusivement, notamment la moissonneuse-batteuse qui doit être équipée d’une table à maïs.

Ce texte a été publié dans le cadre de notre dossier sur les principes de la gestion maigre et les habitudes de calculs de certains producteurs, paru dans l’édition du 10 novembre 2021 de La Terre de chez nous.