fbpx
Plus d’une douzaine de microdistilleries font l’effort d’acheter du grain québécois pour confectionner leurs spiritueux.

Plus d’une douzaine de microdistilleries font l’effort d’acheter du grain québécois pour confectionner leurs spiritueux.

Du grain à la bouteille

Le concept « du grain à la bouteille » est plutôt marginal au Québec, mais prend de l’ampleur. Plus d’une douzaine de microdistilleries font l’effort d’acheter du grain québécois pour confectionner leurs spiritueux, comparativement à une majorité qui s’approvisionne en Ontario pour leur base d’alcool.

Ce texte fait partie d'un dossier paru dans La Terre de chez nous, le 3 juin 2020.

Ce texte fait partie d’un dossier paru dans La Terre de chez nous, le 3 juin 2020.

Certaines entreprises comme la Distillerie Shefford et La Distillerie Côte des Saints produisent même du whisky à partir de seigle et d’orge provenant de leurs propres champs.

« Les gens qui viennent à la distillerie aiment voir qu’on utilise du grains provenant de nos champs; ça fait partie de l’attrait. Mais on ne sauve rien en produisant nous-mêmes notre grain. Ça me coûte trois fois plus cher faire ma propre base d’alcool plutôt que de l’acheter de Greenfield en Ontario, une usine qui fait de l’alcool industriel, des solvants, etc. » affirme Gérald Lacroix, cofondateur de la Distillerie Shefford, en Montérégie.

À Saint-Anne de la Pérade, en Mauricie, Maxime Carpentier dit terminer les derniers préparatifs en vue de distiller les grains provenant de la ferme familiale de son associé. Ils en feront notamment un whisky. « On a prévu dans notre plan d’affaires que ça nous coûterait plus cher, mais nous pourrons nous démarquer avec des spiritueux 100 % Québec », affirme-t-il.

En Gaspésie, Frédéric Jacques, copropriétaire de la distillerie O’Dwyer, ne possède pas de terre agricole, mais il achète du grain malté du Québec. « On est capable d’avoir des affaires spéciales, comme des grains fumés à l’érable. C’est un coût important, mais ça fait un whisky haut de gamme [qu’il faudra, par contre, vendre pas mal plus cher pour qu’il soit rentable] », partage-t-il. M. Jacques ajoute qu’en cette période de COVID-19, il devient avantageux d’avoir les installations pour distiller du grain québécois, car selon ses informations, la base d’alcool provenant de l’Ontario est convoitée et difficile à obtenir ces temps-ci.

Avec la collaboration de Geneviève Quessy


Pour consulter notre dossier complet sur l’émancipation des microdistilleries québécoises, abonnez-vous à La Terre de chez nous. Dans ce dossier vous trouverez notamment :

  • Un nouvel alcool d’érable qui veut rivaliser avec le scotch et le cognac
  • 34 acériculteurs investissent dans une microdistillerie
  • Qui sème de l’orge récolte du whisky