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Les fosses à lisier sont pleines dans plusieurs fermes, sans qu’on puisse les vider en raison des normes et des conditions actuelles. Sur cette photo, Jeff Smith a reçu la visite d’une inspectrice concernant ses travaux effectués sur une mince couche de neige.

Les fosses à lisier sont pleines dans plusieurs fermes, sans qu’on puisse les vider en raison des normes et des conditions actuelles. Sur cette photo, Jeff Smith a reçu la visite d’une inspectrice concernant ses travaux effectués sur une mince couche de neige.

Des fosses à lisier pleines à ras bord

La réglementation environnementale stricte du Québec cause de l’urticaire à bon nombre d’entrepreneurs à forfait et d’agriculteurs qui sont aux prises avec des fosses à lisier pleines à ras bord, sans pouvoir les vider en raison des normes et des conditions actuelles.

En Montérégie-Ouest, le travailleur à forfait Jeff Smith mentionne que le printemps plus tardif et les récoltes qui s’étirent ont empêché les producteurs d’épandre le contenu de leur fosse dans leurs champs de maïs et de soya. À cela s’ajoute l’un des règlements québécois, qui empêche l’épandage de lisier lorsqu’il y a de la neige.

Dans le même secteur, l’entrepreneur à forfait Robert Vandette témoigne aussi d’une situation difficile : « J’ai beaucoup de clients dont les fosses sont pleines. Ils m’appellent, mais on ne peut rien faire. Le monde s’en vient enragé. C’est débile! »

Faute d’espace dans les fosses, certains producteurs pressent le pas pour épandre leur fumier malgré tout.

Jeff Smith s’est ainsi fait intercepter par une inspectrice du ministère de l’Environnement le 7 novembre, avant la grosse bordée de neige. « Il était tombé deux centimètres de neige pendant la nuit. Mais à un moment donné, tu n’as pas le choix, il nous en restait à faire. On faisait attention, on passait à au moins 200 pieds des fossés et on l’enterrait [le lisier] avec une herse à disques, mais l’inspectrice est passée et a pris nos coordonnées », raconte M. Smith, qui était alors à Sainte-Martine, au sud de Montréal. Malgré la gentillesse de l’inspectrice, tant l’entreprise à forfait pour laquelle il travaille que son client agriculteur pourraient recevoir une amende, déplore M. Smith. « Les gens du ministère te donnent la solution de transvider les fosses pleines dans les fosses vides. C’est facile à dire pour eux, mais ce n’est pas toujours possible quand on a plusieurs clients qui sont accotés [leur fosse est pleine] », insiste Jeff Smith.

Menottés

Au Centre-du-Québec, le travailleur à forfait Yvon Guérard possède plusieurs tracteurs dédiés à l’épandage de lisier et de fumier. Il constate lui aussi que plusieurs de ses clients ont des fosses à lisier pleines. « Il y a de la neige et on est menottés. On ne peut pas bouger. Pourtant, le sol n’est pas gelé, on pourrait l’enterrer, mais c’est le règlement », dit le résident de Plessisville. Ce dernier s’interroge sur la suite des choses puisqu’à son avis, il n’y a pas assez de fosses libres dans sa région pour permettre d’y transférer la matière de celles qui sont pleines.

Inspecteurs plus flexibles en Ontario?

Avec ses épandeurs à fumier, l’entrepreneur à forfait Robert Vandette dessert des clients tant au Québec qu’en Ontario. Il assure que le ministère de l’Environnement ontarien a des règlements sévères, mais qu’il fait preuve d’une plus grande souplesse lors de son application. « J’ai parlé à l’officier de l’environnement ce matin. Il comprend la situation. Il sait qu’on n’est pas au mois de janvier avec le sol gelé. Il m’a dit de prendre les moyens [lors de l’épandage] pour être certain que [le lisier] ne se ramasse pas dans les fossés si la neige fond. En Ontario, ils peuvent utiliser leur logique, mais au Québec, ils ne veulent rien savoir », indique M. Vandette.

La Terre a contacté le ministère de l’Environnement du Québec et de l’Ontario, mais au moment de mettre le journal sous presse, aucun d’eux n’avait encore commenté la situation.