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On a eu beaucoup de foin cette année. Et on a pu le récolter à un stade pas trop mature, juste parfait. Tant mieux! On ne sera pas de court comme ce printemps », commente l’éleveuse Mylène Bégin. de la Ferme Princy. Gracieuseté de la ferme Princy

On a eu beaucoup de foin cette année. Et on a pu le récolter à un stade pas trop mature, juste parfait. Tant mieux! On ne sera pas de court comme ce printemps », commente l’éleveuse Mylène Bégin. de la Ferme Princy. Gracieuseté de la ferme Princy

Bilan des foins 2019 : de gros et de petits rendements selon les régions

La culture de plantes fourragères est définitivement terminée et les bilans sont très bons par endroits et décevants ailleurs. Voici les résultats des cinq agriculteurs que La Terre a suivis depuis le début de la saison.


Ferme Morivan, Lac-Saint-Jean

Gracieuseté de la Ferme Morivan

Gracieuseté de la Ferme Morivan

« On a perdu deux semaines au printemps, mais pour le reste, tout a bien été. On a eu de bonnes coupes et du foin de très bonne qualité. Mon père et moi on s’est dit qu’on ne peut pas vraiment espérer avoir plus », indique Marie-Claude Morin, qui possède près de 300 vaches en lactation. L’ensilage de maïs a engendré des volumes quasiment records chez les Morin, mais la qualité fait légèrement défaut. « Avec 25 % d’amidon comparativement à près de 35 % l’an passé, c’est sûr que la qualité en a mangé un coup. Le maïs a vraiment manqué de chaleur. On a récolté deux semaines plus tard que l’an passé et le grain était moins mature. Mais bizarrement, les rendements ont été très bons et même impressionnants avec environ 18 tonnes à l’acre », explique Mme Morin. Le retard des cultures a donné la frousse à la productrice qui craignait de manquer de temps pour terminer ses travaux aux champs avant l’arrivée de la neige. « On finit de ramasser le soya aujourd’hui. C’est tard et c’est stressant, car il faut vider les fosses [à lisier]. Par chance, on a de la bonne température présentement et on en profite. Les gars travaillent full pin », indique Mme Morin. Elle mentionne des récoltes ordinaires de soya, mais excellentes de blé, conséquence des températures fraîches enregistrées cet été.


Ferme Yves Lacoste & Fils, Montérégie

« Si je résume mon année 2019, j’ai hâte à l’an prochain qu’on passe à autre chose. On n’a vraiment pas eu de gros volumes [dans les plantes fourragères]. Au moins, ce que nous avons récolté était de qualité », mentionne le copropriétaire Jean-Yves Lacoste. Il dit que le retard des cultures occasionné par le printemps tardif s’est poursuivi toute la saison, si bien que contrairement à ses habitudes, la luzerne n’est jamais parvenue en fleurs pour la 4coupe effectuée le 12 octobre. « Pour la graminée aussi, c’était ordinaire. J’en n’avais tellement pas que je l’ai ensilée et j’ai acheté du foin sec à un voisin », précise-t-il. La bonne nouvelle : son plan d’augmenter ses superficies de 15 % en ensilage de maïs a donné les résultats escomptés. Ses silos fosses sont donc bien remplis avec environ 3 800 tonnes d’ensilage de foin et plus de 7 000 tonnes de maïs. « Au moins, on ne manquera de rien. J’ai même un an et demi de réserve de maïs ensilage », affirme M. Lacoste. L’agriculteur compte aussi semer une trentaine d’hectares supplémentaires en luzerne le printemps prochain afin d’éviter le stress de cette année, surtout que les Lacoste ont enfin reçu le permis leur donnant droit d’augmenter leur nombre de vaches à 900.

Gracieuseté de la Ferme Yves Lacoste & Fils

Gracieuseté de la Ferme Yves Lacoste & Fils


Ferme Princy, Abitibi

« On a eu beaucoup de foin cette année. Et on a pu le récolter à un stade pas trop mature, juste parfait. Tant mieux! On ne sera pas de court comme ce printemps », commente l’éleveuse Mylène Bégin. Rappelons que le silo-fosse de la Ferme Princy commençait à être à sec ce printemps, ce qui a obligé les propriétaires à précipiter leur première coupe. La saison a été bonne à tel point que la famille Bégin aurait pu entreprendre une 3e coupe qu’ils n’ont pas faite, préférant profiter de la fenêtre de température pour récolter l’avoine dans de bonnes conditions. Les précipitations de pluie tombées au bon moment et l’absence de ravageurs expliquent ces bons rendements dans les fourrages, selon Mylène Bégin. « En Abitibi-Ouest, on a été chanceux, mais il y a des secteurs où c’était vraiment triste. Ils n’ont même pas eu de 2e coupe. Un producteur avec qui j’ai parlé disait qu’il aurait pu faire sa 2coupe avec son tracteur à gazon tellement il n’y avait rien », affirme Mme Bégin.


Ferme Karodou, Outaouais

« Nous avons eu une bonne 4e coupe avec une soixantaine de balles [de foin]. Mais il nous en manquera 300. Il va falloir soigner les animaux principalement avec de l’ensilage de maïs », commente Caroline Martel. Si la récolte de foin a été globalement désastreuse en 2019, celle du maïs ensilage a été au-dessus des attentes. « Avec la sécheresse, on s’attendait à moins de maïs. Mais c’est vraiment bien. Je crois que les rares coups d’eau sont arrivés au bon moment [du développement du maïs] », explique-t-elle. Finalement, le temps trop sec dans son secteur lui coûtera plusieurs milliers de dollars en achat de foin et la qualité de l’alimentation pourrait en souffrir.

Gracieuseté de Caroline Martel

Gracieuseté de Caroline Martel


Ferme Pocatoise, Bas-Saint-Laurent

Gracieuseté de la Ferme Pocatoise

Gracieuseté de la Ferme Pocatoise

« C’est notre terre magique, un loam argileux, qui nous a sauvés! C’est une autre preuve de la différence des types de sols. On récoltait huit tonnes aux trois acres sur la terre d’argile contre pratiquement rien sur les terres de sable. Globalement, on a eu une excellente première coupe et des résultats mauvais à très bons pour les deux autres coupes selon le sol », décrit Pascal Pelletier. Affligée par deux années de sécheresse, la Ferme Pocatoise a acheté un peu plus de 600 balles de foin cette année, ce qui lui donne une réserve d’un an et demi. Concernant l’ensilage de maïs, les rendements se sont révélés plus décevants qu’à l’habitude sur les terres de sable et très bons en terre argileuse. « C’était tellement sec que je connais des producteurs qui n’avaient pas de grains, juste des tiges dans leur maïs cultivé sur les terres de sable », indique-t-il.