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Valérie Campeau produit des légumes biologiques et depuis peu, des œufs. Mais les poules pondent plus que ce qu’elle parvient à vendre. Avis aux intéressés! Photo : Martin Ménard/TCN

Valérie Campeau produit des légumes biologiques et depuis peu, des œufs. Mais les poules pondent plus que ce qu’elle parvient à vendre. Avis aux intéressés! Photo : Martin Ménard/TCN

Stressant : « mes poules ne prennent pas de break! »

MONT-LAURIER — Une agricultrice de Mont-Laurier s’est lancée dans un tout nouveau projet permettant à 10 petits producteurs comme elle de vendre directement aux consommateurs les œufs provenant d’un maximum de 500 poules pondeuses.

Elle a transformé une ancienne porcherie en un joli poulailler, comprenant des nids, des perchoirs et même l’accès à une cour extérieure privée. Ses 260 poules apprécient cet élevage en liberté, mais elles pondent trop! « Mes ventes en début de saison ont été plus lentes que prévu, alors je me retrouve avec un réel surplus d’œufs. Les poules pondent beaucoup, et évidemment, elles n’arrêtent pas! » explique Valérie Campeau, propriétaire des Jardins Bio du Solstice.

L’agricultrice et mère de trois jeunes enfants se surmène au travail ces temps-ci ; elle cultive des fruits et légumes biologiques à sa ferme pour approvisionner près de 130 familles chaque semaine. À cela s’ajoute maintenant la production d’œufs et ses défis. « L’un des défis consiste à laver les œufs, car les poules ne pondent pas toujours dans les couvoirs comme prévu. Et je ne veux pas les tremper dans l’eau afin de ne pas enlever la couche protectrice naturelle de l’œuf. En Europe, les œufs ne sont pas lavés et peuvent être conservés à la température de la pièce. Sauf que les laver à la main demande du temps », assure-t-elle.

Une run d’œufs

Valérie Campeau. Photo : Martin Ménard/TCN

Valérie Campeau. Photo : Martin Ménard/TCN

L’autre défi concerne la mise en marché. La réglementation lui interdit de vendre ses œufs aux supermarchés et aux restaurants. L’hiver venu, l’agricultrice ne pourra plus miser sur ses 130 paniers bio et sur le marché public local pour les écouler. « Je vais faire du porte-à-porte, une espèce de run d’œufs où j’effectuerai la livraison directement aux clients. Ce qui m’encourage, c’est que les gens aiment mes œufs. Le jaune plus foncé vient des végétaux que je donne en alimentation aux poules. Je suis confiante de pouvoir vendre un jour tous mes œufs, sans surplus », mentionne celle qui ne ménage pas ses efforts pour réussir.  

Une écurie convertie en poulailler

En Outaouais, les frères Bertrand ont également démarré un projet de vente directe d’œufs aux consommateurs. Ils ont complètement réaménagé une ancienne écurie, en installant même un plancher chauffant pour le confort de leurs 560 poules. Eux aussi accumulent des surplus.

 « Les poules ne prennent pas de break! On a 500 œufs par jour à vendre. Il y a des matins où c’est stressant de voir toutes les douzaines d’œufs qu’il faut sortir… Mais on s’y attendait. Faut se donner le temps de développer nos marchés », mentionne Samuel Bertrand, de la Ferme aux Saveurs des Monts. Il ajoute avoir cependant été surpris par le changement de réglementation du ministère de l’Agriculture, qui autorise maintenant les propriétaires de 100 poules et moins à vendre des œufs dans les marchés publics. « Ça nous rentre dedans. Avant, nous étions les seuls à vendre des œufs dans le marché public; maintenant, nous sommes cinq. Nos ventes ont baissé de 30 % en moyenne. Faut faire avec », se résout-il.