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Le marché est stable dans le grain biologique, mais est à la hausse dans le conventionnel. Photo : Martin Ménard / Archives TCN

Le marché est stable dans le grain biologique, mais est à la hausse dans le conventionnel. Photo : Martin Ménard / Archives TCN

Une situation frustrante pour les producteurs bio

Le resserrement de l’écart entre le prix des grains biologiques et celui des grains conventionnels peut devenir frustrant pour certains producteurs bio qui ont à assumer un coût de production plus élevé à l’hectare, croit Étienne Lafrance, agent d’information sur les marchés pour les Producteurs de grains du Québec.

Pierre Labonté

Pierre Labonté

Mis à part le soya où les prix ont augmenté, on observe une stabilité dans le prix du grain biologique en général. En contrepartie, le prix du grain conventionnel a véritablement explosé, selon M. Lafrance, ce qui fait que l’écart entre les deux types de production a diminué de façon marquante. « Le prix du grain bio était souvent le double de celui du grain conventionnel, mais ce n’est pas le cas cette année », dit-il. Le marché est stable dans le biologique, mais est à la hausse dans le conventionnel.

Normalement, le prix du maïs conventionnel tourne autour de 200 $ la tonne. L’an passé, il avoisinait les 220 $. Cette année, on parle plutôt de 345 $ la tonne pour l’ancienne récolte et de 283 $ la tonne pour la nouvelle récolte. En contrepartie, le maïs bio vaut près de 440 $ la tonne pour l’ancienne récolte et 467 $ la tonne pour la nouvelle.

Retarder le processus

Étienne Lafrance

Étienne Lafrance

Comme le grain biologique coûte plus cher à produire, notamment à cause de l’utilisation accrue de machinerie, cela peut être frustrant pour un producteur bio de voir que son voisin qui produit du grain conventionnel tirera un bien meilleur bénéfice net à l’hectare que lui. « Les producteurs en transition biologique pourraient retarder leur transition, en raison d’un meilleur bénéfice net en régie conventionnelle », observe Étienne Lafrance.

Producteur de grains biologiques à Drummondville depuis une vingtaine d’années, Pierre Labonté demeure optimiste quant à cette situation. « Le prix du grain bio ne peut pas toujours être le double de celui du grain conventionnel », dit-il. Le producteur a pu observer différentes fluctuations au fil des ans et croit que l’écart va se desserrer. Il donne l’exemple de l’année 2010 où les prix du grain biologique et conventionnel étaient presque venus à égalité. La situation actuelle est surtout frustrante pour les nouveaux producteurs, croit-il.

Vincent Gauthier, un producteur de grains biologiques de Sainte-Anne-des-Plaines, souhaite le retour d’un plus juste équilibre, mais il ne croit pas que l’on va revenir à un prix deux fois supérieur dans le bio. Il ajoute qu’on ne produit pas du grain biologique uniquement pour obtenir de meilleurs prix. « On le fait aussi pour nos valeurs », dit-il. C’est comme pour un producteur laitier qui veut aller en production biologique, le prix du grain ne sera pas le seul aspect qu’il va considérer. « Il y a beaucoup de choses qui vont entrer en considération avant cela, telles que la qualité du foin et la disponibilité des terres. »