fbpx
La récolteuse à haricots, développée par Fontana, est idéale pour les petites parcelles de culture. Photo : Ferme 3 Samson

La récolteuse à haricots, développée par Fontana, est idéale pour les petites parcelles de culture. Photo : Ferme 3 Samson

Quand la nécessité est la mère de toutes les inventions

C’est à Farnham, en Estrie, que la Coopérative pour l’Agriculture de Proximité Écologique (CAPÉ) a donné rendez-vous à la communauté bio pour la 4e édition de l’Expo Champs Bio, le 5 septembre.

Près de 350 personnes se sont déplacées pour l’occasion à la Ferme des 3 Samson, une exploitation maraîchère qui écoule plus de 350 paniers de légumes par semaine. Ateliers, conférences ou démonstrations au champ, les producteurs et même les consommateurs ont eu l’occasion de découvrir quelques nouveautés dans le domaine de l’agriculture biologique.

Récolteuse à haricots

À leur 19e saison depuis la fondation de l’entreprise, les hôtes de l’événement ont procédé à une démonstration de leur récolteuse à haricots mise en service en 2019. L’idée d’acquérir cet équipement, raconte avec humour Sylviane Tardif, est née de la lassitude à récolter manuellement, à 40 degrés au soleil, les fèves durant de longues heures. 

« Nous cherchions un équipement pour des petites surfaces », explique la conjointe du fondateur André Samson. Fabriquée en Italie, cette récolteuse était admissible au programme Productivité végétale, ce qui a permis de couvrir 50 % des 30 000 $ nécessaires à son achat. En calculant les frais de main-d’œuvre normalement affectés à la récolte, le nouvel équipement pouvait être rentabilisé en deux ans seulement. Comme elle amasse tout lors d’un unique passage, la Ferme des 3 Samson a dû planter des variétés dont la production arrive simultanément et non plus étalée dans la saison. « On a encore des ajustements à faire, mais c’est dix fois plus rapide qu’une récolte manuelle », précise Sylviane Tardif.

Une fois passé au travers d'un cycle à l'intérieur du lave-vaisselle adapté, les légumes ressortent tous propres. Photo : Ferme 3 Samson

Une fois passé au travers d’un cycle à l’intérieur du lave-vaisselle adapté, les légumes ressortent tous propres. Photo : Ferme 3 Samson

Un lave-vaisselle pour légumes

Un gros lave-vaisselle industriel comme on en retrouve dans les cafétérias ou les hôpitaux pour laver les légumes? Pourquoi pas, s’est dit la Ferme des 3 Samson, qui nettoie environ 80 % de sa production avec cet équipement modifié. « C’est une job que tout le monde se bat pour faire », précise Sylviane Tardif en souriant. Ce lave-vaisselle ne fonctionnant qu’à l’eau froide a été équipé de buses qui envoient de très grandes quantités d’eau, mais avec une très faible pression. « Les laitues pommées sortent de là sans dégât », poursuit l’agricultrice. Les légumes racines sont quant à eux nettoyés avec une laveuse-baratte en bois mise au point par la CAPÉ en 2019.

Les tours de magie du robot Oz

Distributeur spécialisé dans l’importation de technologies novatrices, GMABE était à Farnham, le 5 septembre, pour y faire une démonstration de son robot de maraîchage Oz. Conçu à Toulouse en France, ce robot électrique est commercialisé depuis 2013 et à ce jour, plus de 150 unités ont été vendues dans le monde. « Nous en avons vendu neuf au Québec, dont un à l’IRDA [Institut de recherche et de développement en agroenvironnement], à Saint-Bruno », déclare Benoît St-Laurent, président de GMABE.

Le robot maraîcher Oz coûte environ 50 000 $. Photo : gracieuseté de GMABE

Le robot maraîcher Oz coûte environ 50 000 $. Photo : gracieuseté de GMABE

Oz est destiné principalement au désherbage, mais selon les outils qu’on y ajoute, il peut s’atteler à des tâches de semis ou de pulvérisation. « Il est polyvalent. On peut l’adapter selon les besoins du producteur », poursuit M. St-Laurent. D’une autonomie de 6 à 8 heures, le robot de maraîchage mesure 18 po sur 30 po et pèse 175 kg. Il se détaille à près de 50 000 $, ce qui comprend le robot, un système de GPS et de positionnement, la batterie et les outils. « Une étude a démontré qu’il accomplit le travail de 2,4 personnes affectées au binage manuel. C’est donc dire que sur deux ans, il est déjà payé », évalue le président de GMABE.

Éliminer les mauvaises herbes par l’eau bouillante

GMABE a apporté à Farnham un modèle de désherbeuse à l’eau bouillante commercialisée par Oeliatec, une technologie développée également en France. Bien qu’il n’ait pas eu l’occasion d’en faire une démonstration aux champs, Benoit St-Laurent explique que l’équipement a suscité beaucoup d’intérêt. « On en a vendu une quinzaine depuis deux ans au Québec. À plusieurs vignobles, mais aussi à des maraîchers de la région de Napierville et à un producteur de camerises dans la région de Québec. »

Le désherbage à l’eau bouillante permet de travailler de manière efficace et écologique. Photo : gracieuseté de GMABE

Le désherbage à l’eau bouillante permet de travailler de manière efficace et écologique. Photo : gracieuseté de GMABE

Le principe consiste à arroser à basse pression les mauvaises herbes avec une eau chauffée à 115 °C. L’eau chaude prive la plante du processus de photosynthèse et finit par brûler le collet avant d’atteindre le système racinaire. Selon le modèle et les options choisis, l’équipement peut coûter de 40 000 à 65 000 $. Là aussi, il est admissible au programme Production végétale. « C’est une machine silencieuse et écoénergétique. C’est surtout une méthode douce pour le sol et très efficace qui peut être exécutée sans carte de compétence “pesticides” et par temps venteux ou pluvieux. Ça offre de gros avantages pour optimiser la main-d’œuvre et les opérations au champ », conclut Benoit St-Laurent.