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Avec une réserve de seulement 10,4 millions de livres de sirop biologique, il faudra recruter plus de producteurs. Autrement, il pourrait y avoir une pénurie de sirop bio. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Avec une réserve de seulement 10,4 millions de livres de sirop biologique, il faudra recruter plus de producteurs. Autrement, il pourrait y avoir une pénurie de sirop bio. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

L’urgence de produire du sirop bio

Les ventes de sirop biologique ont explosé et les stocks fondent à vue d’œil, si bien qu’une stratégie vient d’être mise en place pour convaincre des producteurs de passer à la régie biologique.

« En date du 3 septembre, les ventes de sirop bio étaient de 63 millions de livres et la production cette année de 55,8 millions [de livres], donc 7,2 millions plus basse. Il a fallu en sortir de la réserve! Il reste seulement 10,4 millions en inventaire de sirop bio. Ce n’est vraiment pas énorme », dépeint Guillaume Provost, directeur adjoint et responsable de la mise en marché du sirop bio aux ­Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ).

Pour corriger la situation, les PPAQ et les transformateurs de sirop, représentés par le Conseil de l’industrie de l’érable (CIE), viennent de mettre en place un plan stratégique de développement du sirop bio, lequel vise à accroître les volumes tout en maintenant la qualité et en respectant les standards du bio.   

Formation et prime

Les PPAQ veulent intensifier le recrutement en ciblant spécifiquement les exploitations de 8 000 à 12 000 entailles qui produisent des volumes intéressants. Cela représente environ 1 000 producteurs. Lors des prochaines semaines, une formation gratuite de six heures, offerte dans 11 régions, expliquera l’ABC du sirop bio aux acériculteurs intéressés.

Le principal élément de motivation demeure la prime. Celle-ci passe cette année de 0,18 $ à 0,20 $ la livre, un montant qui devrait grimper, souhaite Guillaume Provost. « Lors des dernières négociations avec le CIE, nous aurions aimé augmenter davantage la prime, mais ils n’ont pas voulu. Il y a deux ans, de gros acheteurs disaient à nos membres : “Ne t’en va pas en bio, sinon je ne prendrai plus ton sirop.” Aujourd’hui, les choses ont changé complètement; il en manque. Et je crois que lors des prochaines négociations, on n’aura pas le choix d’obtenir quelque chose de plus afin de motiver les producteurs à faire du bio, sinon on se retrouvera en pénurie. »

Des registres obligatoires de toute façon

La production de sirop d’érable sous régie biologique n’est pas très différente de la production conventionnelle. Les normes d’entaillage, de composition du peuplement forestier et de nettoyage des casseroles diffèrent légèrement, mais sans plus. Le frein pour plusieurs producteurs concerne les frais de certification (de 1 000 à 2 500 $ par année), le temps nécessaire aux démarches pour obtenir la certification, l’interdiction d’employer de l’acide pour laver les casseroles, mais surtout, les nombreuses heures à remplir les registres et à bien étiqueter la production. Or, avis important, cette dernière obligation ne sera plus réservée aux acériculteurs bio puisque dès la prochaine saison, les producteurs sous régie conventionnelle devront aussi remplir un registre, insiste M. Provost.

Cet article a été publié dans notre cahier spécial acéricole, publié le 6 octobre 2021