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Antoine Doyon (à droite) et son employé Dave Proulx travaillent à la récolte de carottes bonbons à l’extérieur, en plein hiver. Photo : Gracieuseté d’Ölistik

Antoine Doyon (à droite) et son employé Dave Proulx travaillent à la récolte de carottes bonbons à l’extérieur, en plein hiver. Photo : Gracieuseté d’Ölistik

Des carottes d’hiver bio

La ferme maraîchère Ölistik, de Sherbrooke, en activité depuis cinq ans, a pris du galon dans la dernière année. Ses carottes biologiques cultivées l’hiver gagnent en popularité grâce à une technique de production hors du commun qui leur confère une saveur sucrée rehaussée.

« On réussit à se frayer un chemin parce qu’on produit des légumes bio localement durant les saisons où ces aliments sont normalement importés », explique le copropriétaire Antoine Doyon. En hiver, Ölistik propose par exemple de la laitue cultivée en serre ainsi que ses fameuses « carottes bonbons », qui elles, poussent en champ.

« On plante les semis en août, puis on les laisse pousser jusqu’en octobre, explique M. Doyon. Ensuite, on isole la production. Quand il y a de la neige sur les plants, on déneige, puis on enlève l’isolant et on fait la récolte à la main. »

La culture hivernale, selon l’agriculteur, permet la production de carottes bio plus petites et plus sucrées. Comme son entreprise cultive les légumes à l’extérieur, la récolte exige toutefois un travail rigoureux qui recommence sur une base hebdomadaire.

« On récolte toutes les semaines, d’octobre à avril ou mai, idéalement », souligne-t-il, précisant choisir de ne pas faire pousser ses carottes en serre, principalement pour réduire les coûts, mais aussi pour pouvoir produire sur une plus longue période.

Une production appelée à croître

Actuellement, le couple propriétaire de la ferme maraîchère, Antoine Doyon et Geneviève Blanchard, n’a qu’un seul employé à temps plein et fait appel aux services d’une ressource supplémentaire l’été. L’hiver, M. Doyon et son employé s’affairent surtout à planter les semis, à récolter à la main et à distribuer les produits aux clients, tandis que Mme Blanchard s’occupe surtout de la gestion financière de l’entreprise.

Ölistik a d’abord produit en petites quantités et testait ses produits pour ensuite les vendre dans les restaurants, les marchés publics ou par l’entremise de paniers bio. Depuis un an toutefois, les légumes de la ferme sont offerts en épicerie à Sherbrooke, à Bromont ou encore à Montréal, dans des bannières telles que Grande Ruche, Avril, Bio Terre, Marché 3 Piliers et Les Récoltes. Ils sont vendus dans des sacs 100 % compostables importés de Californie.

« Présentement, à deux, on récolte de 100 à 150 livres de carottes l’heure. Dès l’an prochain, on prévoit automatiser nos pratiques pour être capables d’en produire environ 20 fois plus durant la même période », calcule Antoine Doyon, qui espère passer d’une production hebdomadaire de 700 sacs de carottes à 5 000 durant la saison hivernale et avoir un deuxième employé à l’année. L’été, l’entreprise ne cultive pas de carottes, se concentrant plutôt sur la production de mesclun, de roquette, d’épinards, de coriandre et de persil, entre autres. 

Complètement remise des vents qui avaient détruit ses serres

La ferme maraîchère Ölistik s’est entièrement remise des vents violents qui avaient fait céder les ancrages de ses deux serres en janvier 2017. Rappelons qu’une campagne de sociofinancement avait été lancée pour aider l’entreprise à se remettre de cette épreuve.

« Comme on détient des serres amovibles, ça prend des systèmes d’ancrage particuliers et nous n’étions pas bien équipés à l’époque. On a dû changer la structure complètement », explique le copropriétaire Antoine Doyon. En novembre dernier, des vents puissants de 100 km/h sont survenus à Sherbrooke, et l’entreprise, dit-il, n’a eu « aucun problème », grâce aux travaux qui ont été effectués.

« On en avait pour 25 000 $ à payer de notre poche parce que les assurances couvraient tout sauf ce qui avait trait à la structure de la serre », se souvient-il. Par chance, la campagne de financement qu’il a lancée avec sa conjointe a finalement permis d’amasser plus de 20 000 $, soit la quasi-
entièreté des frais à payer.

« Il y a quelques morceaux qu’on a pu récupérer, mais pas beaucoup. On a presque dû tout reconstruire. Mais aujourd’hui, tout va bien », conclut l’agriculteur.