Le labour fait partie des pratiques qui ont des conséquences sur la microbiologie des sols.
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Dans un chauvinisme entièrement assumé, le directeur de recherche Pierre-Alain Maron, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), a rappelé que la France était le premier pays au monde à avoir réalisé une cartographie de la microbiologie de tous ses sols.
Un travail de grande ampleur nécessitant un échantillonnage des sols français sur des grilles de 16 km sur 16 km, totalisant 2 200 sites, a-t-il précisé devant les participants du 11e Colloque Bio pour tous! le 26 février, à Victoriaville. Cette analyse du territoire a révélé que les sols « sont plus ou moins vivants », en raison de l’utilisation de pesticides, d’engrais chimiques et du labour.

Les conséquences de cette baisse de qualité des sols pour la société sont nombreuses, a expliqué M. Maron, puisqu’elle affecte non seulement les rendements agricoles et la qualité de l’eau, mais également la qualité des produits alimentaires et l’adaptation aux changements climatiques. Il a présenté quelques exemples concrets de cette expérimentation sur la diversité microbienne, en comparant un sol comprenant 100 % d’espèces à un autre de faible diversité microbienne comptant 50 % moins d’espèces. Il en résultait une perte de 50 % de la productivité primaire, illustrée par des plantes nettement moins développées dans le sol contenant 50 % d’espèces microbiennes. Le sol pauvre entraînait également une perte de 40 % de minéralisation de la matière organique, une décroissance de 15 % de la résilience après sécheresse, une perte de 50 % de la stabilité structurale du sol et un temps de survie cinq fois supérieur des pathogènes (néfastes aux cultures) dans le sol. Un réseau a été mis en place pour poser un diagnostic dans 250 fermes tout en les guidant dans l’amélioration de leurs pratiques.
Des agriculteurs français bloquent l'accès à un centre de recherche
Frustrés contre les normes environnementales qui se durcissent en France, des agriculteurs français ont érigé un mur de blocs de béton devant l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) à Paris, le 28 novembre dernier. « Un moment bizarre et de contradiction », a commenté le directeur de recherche Pierre-Alain Maron, de l’INRAE, lors de son passage au Québec en février.
En entrevue avec La Terre, M. Maron a précisé que les normes environnementales visant à protéger les sols en France sont vues comme une occasion à saisir pour des producteurs soucieux de la qualité de leur sol et de l’avenir de leur ferme. Pour d’autres, cependant, ces normes sont perçues comme une menace. Un syndicat agricole a décidé de prendre la voie de s’opposer aux normes en invitant des producteurs à ériger un mur de blocs de béton devant l’entrée de l’INRAE, envoyant un drôle de message aux chercheurs qui tentent d’améliorer le sol des agriculteurs.