Bio 11 mars 2025

De nouveaux visages émergent pour acheter du bio

VICTORIAVILLE – Où s’en vont les marchés du bio au Québec? Cette question que plusieurs producteurs et transformateurs se posent a été le thème de la conférence d’Alain Rioux lors du Colloque Bio pour tous. Le coordonnateur de la Filière biologique du Québec a livré un message positif, le 26 février, à Victoriaville. 

Il a exposé les résultats d’un sondage réalisé en 2024 auprès de 1 500 personnes selon lequel 63 % des gens qui consomment du bio le font depuis moins de cinq ans. « Il y a donc un renouvellement », dit M. Rioux, diplômé en agroéconomie. « Un autre changement remarqué, c’est qu’on voit arriver de nouveaux profils de consommateurs; des gens avec un niveau de scolarité moins élevé et avec un revenu moyen moins élevé. Ça montre une démocratisation du bio, une plus grande accessibilité », a-t-il précisé à La Terre en marge de sa conférence. 

La situation commerciale du bio est enviable au Québec en comparaison avec celle du reste du Canada, estime Alain Rioux. « On a un écosystème solide au Québec, avec différents membres [détaillants] capables de répondre à différentes clientèles de différents revenus. C’est unique au Canada », souligne le coordonnateur. Il parle de l’offre de produits directement à la ferme, dans des magasins d’alimentation spécialisés comme Rachelle Béry et Avril Supermarché Santé, dans des boucheries et boulangeries spécialisées, de même que dans les grandes chaînes d’épiceries, incluant Costco.

En compilant les ventes des grossistes et de tous ces détaillants, la Filière biologique du Québec calcule que le marché biologique du Québec a enregistré une forte tendance haussière avec des ventes passant de près de 800 M$ en 2020 à 1 G$ en 2023. La flambée connue au cours de cette période pandémique s’est toutefois atténuée en 2023, a nuancé M. Rioux. La réduction de la croissance s’explique principalement par l’inflation des prix, « mais tout le monde a baissé », bio ou pas, précise-t-il.

Les gens achètent du bio principalement pour leur santé, indique le sondage. La réduction des gaz à effet de serre demeure un autre critère. « Le bio est le seul critère vert où les consommateurs se disent prêts à payer plus cher», souligne Alain Rioux, comparant le bio à des critères favorisant la biodiversité ou la séquestration du carbone.

La croissance des ventes de produits bio s’est réalisée par paliers, ces dernières décennies, analyse le conférencier.

On a une relève de consommateurs, et ils sont au rendez-vous, ce qui pourrait assurer une nouvelle vague de croissance.

Alain Rioux, coordonnateur de la Filière biologique du Québec

Selon lui, le contexte géopolitique actuel avec les contraintes aux frontières fait grandir l’intérêt des Québécois et des décideurs politiques pour l’autonomie alimentaire, qui représente une occasion à saisir pour le bio. 

Sans oublier le prochain Plan d’agriculture durable du gouvernement québécois. La première mouture semble avoir « un peu oublié » le bio, fait valoir M. Rioux. Par contre, la deuxième devrait reconnaître la production biologique comme la meneuse du développement durable, et la récompenser pour ses efforts.