Alimentation 10 juillet 2026

Quelque 150 000 kg d’aliments frauduleux épinglés

Entre le 1er avril 2024 et le 31 mars 2025, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a intercepté 150 000 kg d’aliments faussement représentés. 

Dans son dernier rapport, dévoilé le 26 juin, l’Agence dit avoir analysé 886 échantillons de miels, d’huiles, de ­fromages à pâte dure, de viandes, de poissons et de jus de fruits, notamment.   

Bien que dans l’ensemble, les taux de conformité des aliments échantillonnés étaient relativement semblables à ceux des années précédentes, les fromages durs râpés ont connu une hausse de cas de fraude et l’huile d’olive a affiché le taux de conformité le plus faible par rapport aux autres produits surveillés. Le poisson et les autres huiles à prix élevé ont également affiché les taux de conformité les plus faibles lors de la vérification des étiquettes, alors que les fruits et légumes frais, y compris la gamme biologique, ont obtenu les taux les plus élevés, lit-on dans le rapport.

Globalement, ce sont 1 161 kg de poisson qui ont été interceptés pour avoir été représentés de manière trompeuse (substitution d’espèces), 2 632 litres de jus de fruits falsifiés (avec des sucres, des jus moins coûteux, des acides ou des pigments de couleur), 133 420 kg de miel (falsifié avec des sucres étrangers) et 7 245 litres d’huile d’olive (falsifiée avec des huiles de moindre valeur), entre autres. 

En conséquence, l’ACIA dit avoir émis treize lettres de non-conformité, deux avis de violation avec avertissement, six avis de violation avec pénalités, un ­rappel ­volontaire concernant un produit contenant des allergènes non déclarés, et plusieurs demandes d’actions correctives et de suivi auprès des entreprises problématiques. De plus, ces vérifications ont mené à huit sanctions pécuniaires administratives et une amende de 1 155 685$ pour infractions à la Loi sur la salubrité des aliments au Canada à l’entreprise MPY Tradind Ltd, en Colombie-Britannique, pour avoir déclaré de manière trompeuse du crabe destiné à l’exportation comme étant un produit du Canada. 

Raffinement des techniques

Dans ses techniques de surveillance, l’Agence indique avoir perfectionné ses méthodes d’analyses, d’abord en matière de tests d’ADN, afin d’inclure la différenciation de quatre nouvelles espèces de thons de grande valeur; ensuite, pour établir des profils de stérols et d’acides gras, afin d’analyser plus efficacement 11 nouvelles huiles à haute valeur. « La conception de notre programme s’améliore continuellement, car nous utilisons les conclusions précédentes pour augmenter les chances de détecter les cas de représentation trompeuse des aliments », indique le rapport.

L’attrait pour l’achat local inspire les fraudeurs

La popularité de l’achat de produit canadien en 2025 a suscité un intérêt pour les fraudeurs, qui ont profité du mouvement pour faire de fausses allégations quant au contenu canadien des produits. L’ACIA a constaté une augmentation considérable des plaintes concernant ces allégations d’origine à compter de février 2025 : ces plaintes sont passées de 1 ou 2 plaintes par mois à 25 plaintes en février et 33 en mars, rapporte-t-elle.


La balle reprise au bond par Huiles du Québec

Dans la foulée du rapport d’inspection de l’ACIA sur les fraudes alimentaires, la nouvelle association Huiles du Québec, formée en avril 2026 par quatre producteurs-­transformateurs d’huiles oléiques, a saisi la balle au bond en invitant les consommateurs à se tourner vers des huiles produites localement plutôt que vers des produits importés. « Ce sont 33 % des huiles d’olive vendues au Canada qui ont été jugées non conformes aux normes canadiennes. […] Au Québec, nous avons pourtant une réponse à portée de main », écrit-elle dans une lettre ouverte qu’elle a fait parvenir à La Terre. Ce regroupement, appuyé par Aliments du Québec, espère positionner les huiles oléiques comme une solution de rechange locale à l’huile d’olive. Ces produits se définissent entre autres par leur forte teneur en acide oléique (oméga-9) et leur résistance à la chaleur, qui facilite l’usage pour la cuisson.