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Les croustilles de la colère

 

L’affaire est loin d’être dans le sac pour les producteurs de pommes de terre qui approvisionnent Croustilles Yum Yum.

La PME de 300 employés de Warwick, près de Victoriaville, vient en effet de convaincre la Régie des marchés agricoles que sa stabilité financière passe par une baisse des prix payés aux producteurs québécois.

Résultat : dans une décision rendue le 14 juillet et qui a été « très mal accueillie » par les producteurs, la Régie a autorisé à Yum Yum une baisse des prix de 9 % pour la récolte 2014 – 2015, et un gel des prix pour la récolte 2015 – 2016.

Les producteurs s’étaient dits prêts à accepter une diminution de 4 à 5 % pour la prochaine année, pour tenir compte des fluctuations du marché. Dans sa demande initiale, le fabricant de chips avait relevé la barre et exigeait plutôt une baisse des prix payés aux producteurs de l’ordre de 13 % au cours de la prochaine année.

La mission de la Régie

« Ça n’a aucun sens. Nous sommes en présence d’une entreprise québécoise qui n’a aucune espèce d’empathie envers ses fournisseurs, a martelé en entrevue à la Terre le directeur général de la Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec, Clément Lalancette. Les contrats n’ont pas encore été signés et on ne connaît pas encore les volumes à livrer. Comme si cela ne suffisait pas, nous avons devant nous une Régie qui prend des décisions qui vont à l’encontre de sa mission qui est d’assurer une mise en marché ordonnée. »

« Cette baisse consentie par la Régie risque en outre de déstructurer le marché de tout l’est du Canada, ajoute-t-il, et ça envoie un signal aux autres grands producteurs de croustilles qui seront à leur tour tentés de couper les prix. »

Il déplore, en outre, que la décision de la Régie crée un précédent dans le marché de la croustille au Québec en déterminant un prix pour les marques privées, et un prix pour la marque nationale.