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André Morin, directeur de production à la Microbrasserie Saint-Pancrace. Photo : Charles-Olivier Caron

André Morin, directeur de production à la Microbrasserie Saint-Pancrace. Photo : Charles-Olivier Caron

La brasserie artisanale, un monde d’innovation

BAIE-COMEAU — Le monde de la bière artisanale offre des occasions de création constante pour les brasseurs du Québec. L’harmonisation des saveurs est le défi de chaque cuvée et tout un chacun a sa définition de l’équilibre dans un produit.

La Microbrasserie Saint-Pancrace se donne comme objectif de mettre la Côte-Nord en bouteilles. La première brasserie artisanale de ce territoire, fondée en 2013, s’approprie les produits de sa région, tels que le poivre des dunes, la chicoutai, l’argousier et les carapaces de crabe, pour les incorporer dans des bières uniques. « On a orienté nos choix sur ce que les producteurs de la région avaient à offrir, explique le directeur de production André Morin. Les petits fruits nordiques sont très intéressants à travailler, comme la camerise. »

Une démarche commune

Pour les brasseurs, l’harmonisation ou l’équilibre des  saveurs est un défi technique, mais amusant à relever. « Chaque brasseur a sa définition de l’équilibre dans une bière. Personnellement, j’aime les choses subtiles. Il faut que la bière s’exprime dans le produit, mais aussi les autres produits derrière », explique M. Morin.

Gabriel Vigneault, brasseur-chef de la Microbrasserie Corsaire située à Lévis, brasse des bières depuis près de six ans. Une incontournable selon lui est la Tanaka, à laquelle on ajoute du gingembre pour amener une plus-value à une bière générique. « On l’utilise comme aromate, tout en simplicité. Le gingembre est broyé en purée avant d’être incorporé à une blanche classique », explique M. Vigneault. Son établissement brasse aussi l’Oreille de crisse, une bière à laquelle on ajoute du sirop d’érable.

Du côté de Noctem Artisans Brasseurs, à Québec, on utilise des produits qui semblent inusités, comme des fines herbes, mais qui seront intéressants une fois bien apprêtés. « C’est beaucoup de tests afin de voir comment les herbes réagissent lors de l’infusion et avec différentes sortes de bières. On a découvert plusieurs choses avec ces tests. Par exemple, une bière de blé s’agence bien avec ces herbes », explique Yann Gravel, copropriétaire de l’endroit, qui produit également une bière au citron confit.

Les produits classiques restent néanmoins prédominants, estime André Morin. « Les produits réguliers vont représenter près de 70 % de notre création. Les 30 % restants, pour la création et l’innovation, sont tout aussi importants parce que c’est le côté plaisir et le côté découverte de l’industrie », conclut le brasseur. 

Charles-Olivier Caron, collaboration spéciale.