La cheffe Angèle-Ann Guimond, de L’Éden Rouge, présentant une recette de parmentier de joue de bœuf, en compagnie des propriétaires de la ferme Des Praz et Filles, Sylvain Fleurant et Christel Groux. Photo : Gracieuseté de D’la viande autour de l’os
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S'abonner maintenantPendant quatre mois, les viandes de bœuf et d’agneau produites et commercialisées en Abitibi-Témiscamingue seront sur tous les écrans : financée par l’entente sectorielle de développement du secteur bioalimentaire à hauteur de près de 200 000 $, la campagne D’la viande autour de l’os mettra de l’avant quatre élevages qui font des pieds et des mains pour proposer de la viande locale dans cette région dépourvue d’abattoir.
L’idée est d’utiliser les réseaux sociaux, le cinéma et la télévision pour mieux faire connaître les producteurs bovins Écoboeuf, Des Praz et Filles et Les Viandes à côté du Bordeleau, ainsi que l’élevage d’agneau de la Ferme Abitibienne.
La chargée de projet, Danaë Ouellet, espère que les recettes développées avec des chefs locaux, les trucs pour cuisiner les coupes moins connues, et autres stratégies de vulgarisation de l’élevage permettront de mieux outiller les consommateurs, en fonction de la saisonnalité.
« Par exemple, la chuleta d’Écoboeuf, qui est un peu comme une côte ou un tomahawk, mais plus petit, qu’on fait sur le barbecue et que peu de gens connaissent. La recette a été développée pour être servie avec un chimichurri et un beurre au bleuet à la fleur d’ail », poursuit-elle, mentionnant que des mijotés ou des cuissons longues suivront plus tard cet automne.
D’autres stratégies pour le développement de la filière viande de la région sont travaillées en parallèle, notamment des maillages pour percer le marché des hôtels, restaurants et institutions (HRI) ou l’aide au transport des animaux et des carcasses des producteurs qui visent une mise en marché de proximité.
Un tour de force
S’il y a une personne en Abitibi-Témiscamingue qui comprend le tour de force que représente la commercialisation des bêtes élevées dans la région, c’est bien la copropriétaire de la ferme Des Praz et Filles, Christel Groux. Elle a tenu à bout de bras le dernier abattoir de proximité de la région. À force de passer son temps sur la route entre l’abattoir et la boutique à Rouyn-Noranda, et la ferme à Rémigny, la décision de mettre la clé sous la porte s’est imposée, il y a deux ans.
« Depuis le début, ce que je souhaite, c’est avoir un kiosque à la ferme pour accueillir les gens, laisse tomber la productrice, alors que le toit de tôle de la bâtisse qui abritera son kiosque est en voie d’être installé sous ses yeux. On a pris un petit détour avec l’abattoir. Mais force est de constater qu’à cause des questions de permis, on n’avait jamais pu le bâtir, notre kiosque », rappelle-t-elle, en référence à la réglementation qui l’empêchait d’écouler sa viande à plus de deux points de chute.
Son virage agrotouristique la réjouit d’autant qu’elle est l’une des quatre entreprises à être mise en lumière dans D’la viande autour de l’os.