Alimentation 1 mai 2026

Des tendances Tik Tok qui génèrent des pénuries d’aliments 

Les créateurs de contenu sur les réseaux sociaux comme Tik Tok et Instagram sont devenus des sources d’inspiration culinaire majeures pour les jeunes consommateurs, au point où leurs publications entraînent des pénuries d’aliments. 

Un tel phénomène s’observe en ce moment avec le fromage cottage, donnent en exemple Philippe Goudreault, directeur stratégie pour l’agence de marketing LG2, et Francis Parisien, vice-président principal des ventes pour les PME au Canada chez NielsenIQ. Invités à l’assemblée générale annuelle des Producteurs de lait du Québec, le 15 avril, les deux experts ont expliqué que si  le fromage cottage est impossible à trouver, par moments, dans les supermarchés de la province, c’est parce que les suggestions de recettes à partir de ce produit protéiné abondent sur les réseaux sociaux.

« La dernière tendance, c’est de le passer dans le blender pour en faire un ingrédient et même de l’ajouter à des brownies », détaille Philippe Goudreault. « Ce contenu ne crée pas que des vues; il vide les tablettes », affirme-t-il.

Comme autre exemple, il fait état d’une mode sur Tik Tok des « Feta Pasta » en 2021 qui a généré une rupture de stock mondiale de fromage feta. L’an dernier, un créateur de contenu qui mangeait des concombres en entier comme salade a engendré une pénurie planétaire de concombres. À l’échelle du Canada, cela s’est traduit par une augmentation de 20 % des ventes de fromages feta et de 30 % des ventes de concombres, selon ce qu’a précisé Francis Parisien.

Les internautes sont encouragés, sur les réseaux sociaux, à mélanger des cornichons avec la boisson de marque Kool-Aid pour faire des « Kool-Aid pickles ».
Les internautes sont encouragés, sur les réseaux sociaux, à mélanger des cornichons avec la boisson de marque Kool-Aid pour faire des « Kool-Aid pickles ».

Les cornichons sont aussi tendance, observe ce dernier, générant de la croissance de l’ordre de 30 % au pays. Car les internautes sont encouragés, sur les réseaux sociaux, à se faire des sandwichs aux cornichons ou encore à les mélanger avec la boisson de marque Kool-Aid pour faire des « Kool-Aid pickles ».

 « Ma fille se fait des sandwichs aux pickles; c’est dégueulasse », témoigne-t-il avec humour. S’il admet ne pas comprendre certaines modes qui semblent anodines sur les réseaux sociaux, il estime essentiel pour les entreprises d’en prendre connaissance, afin de mieux cerner le comportement d’achat des jeunes.

Questionné à savoir s’il observe une augmentation de ses ventes, le transformateur de cornichons québécois Aliments Putter’s répond par l’affirmative, ce qui le pousse à demander aux producteurs qui l’approvisionnent de lui fournir de 15 % à 20 % plus de légumes, cette saison. Sans parler d’une hausse phénoménale, l’un des copropriétaires, John Tartaglia, constate que la consommation de ce produit a augmenté et affirme s’être fait de nouveaux clients, tant du côté des supermarchés que de celui des services alimentaires, au Canada et aux États-Unis.