En 2015, Véronique Guizier et son mari procèdent à l’achat d’une terre puis ouvrent, l’année suivante, leur kiosque de vente à la ferme. Photos : Hélène Bouffard, photographe
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S'abonner maintenantVéronique Guizier est de celles qui osent et font les premiers pas. Elle aime d’ailleurs citer en exemple son propre parcours. Partie de la France en 2010 pour immigrer au Québec, il lui fallait s’intégrer à sa nouvelle société d’accueil, puis au monde agricole. Rejoindre les rangs des Agricultrices de l’Estrie lui a permis de relever ce double défi!
Copropriétaire de la Ferme Erb – La Grange Maraîchère située à Magog, Véronique est issue d’une famille qui, dans sa Normandie natale, vivait de la terre. « J’avais dit que je ne serais jamais une agricultrice, mais voilà, comme quoi on peut changer d’idée! En France, j’avais un centre jardin. En arrivant ici, mon mari et moi avons trouvé un emploi dans ce genre de commerce. Très vite cependant, nous avons voulu quelque chose bien à nous », raconte-t-elle.
En 2015, le couple procède à l’achat d’une terre et ouvre, l’année suivante, son kiosque de vente à la ferme. Il cultive des légumes, possède des ruches, quelques poules pondeuses et poulets sur pâturage. Rapidement, l’envie de s’engager dans la vie syndicale se fait sentir. Un jour, l’époux de Véronique lui tend un document en lui mentionnant qu’une assemblée générale annuelle des Agricultrices de l’Estrie va avoir lieu. La maraîchère décide de s’y présenter.
« La journée même, j’ai été élue administratrice du secteur Memphrémagog! lance-t-elle. En 2021-2022, je suis devenue présidente de l’organisation, puis, il y a deux ans, première vice-présidente des Agricultrices du Québec. J’aime faire des rencontres politiques, travailler en équipe… Souvent, on me reproche d’avoir trop d’idées! En même temps, je suis beaucoup à l’écoute, curieuse et fonceuse. Et si on veut que les choses changent, il faut s’impliquer! »
Faire bouger les choses
Véronique perçoit son engagement non seulement comme une façon de faire cheminer des dossiers importants, mais aussi comme une occasion de mieux connaître le monde agricole québécois et de se lier d’amitié avec des femmes qui exercent le même métier qu’elle. Celle qui détient un baccalauréat en administration juge que le milieu de l’agriculture « est quand même assez fermé » et se sent particulièrement interpellée par l’entrepreneuriat au féminin.
Personnellement, je n’ai pas à me plaindre. Je suis copropriétaire de ma ferme. J’ai donc ma place, mais malheureusement, ce n’est pas le cas de tout le monde. Il y a un phénomène d’invisibilisation des femmes dans notre domaine d’activité… Actuellement, je travaille pour les prochaines, pour certaines qui n’ont pas la chance que j’ai. J’ajouterais à tout cela que si je ne m’étais pas impliquée, je pense que je ne serais pas là où je suis.
Depuis que la Québécoise d’adoption occupe le poste de présidente des Agricultrices de l’Estrie, l’organisation est passée d’une cinquantaine à plus de 130 membres. Et l’an dernier, le membrariat masculin a été ouvert. « C’est un peu moi qui ai semé les graines pour ça, conclut-elle. J’ai fait valoir que ce serait bien d’inclure de temps en temps des hommes pour qu’ils soient plus au fait, justement, de ce que sont les enjeux des femmes en agriculture… »

Ce texte provient du cahier Femmes de terre, Femmes de tête, édition septembre 2025.
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