« En côtoyant plein d’autres agricultrices super inspirantes et en ayant la possibilité d’échanger régulièrement avec elles, on dirait que ça a validé aussi ma place dans un milieu qui n’était pas le mien avant, mais qui est devenu mon quotidien. » – Bianka Pagé , Photos : Hélène Bouffard, photographe
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Attirée par l’entrepreneuriat et le plein air, Bianka Pagé choisit, en 2019, de procéder à l’achat d’une érablière. Originaire de la banlieue de Montréal, elle constate toutefois rapidement que le fait d’être une femme qui démarre en acériculture et de ne pas être issue du milieu agricole l’amène à être victime d’une certaine forme de discrimination.
« J’ai suivi des cours en entrepreneuriat et en administration à l’université, pour finalement décider d’aller faire un DEP en acériculture. J’entrevoyais, dans ce métier, une occasion de bouger et de m’épanouir, raconte la copropriétaire de l’Érablière Pagé-Savard et Filles située à Saint-Alexis-des-Monts, en Mauricie. J’ai cependant vite réalisé que mon conjoint Maxime avait davantage la confiance des financiers et des vendeurs d’équipement que moi-même. »
Remarquant dès le départ qu’on doutait de ses compétences et désireuse de faire sa place, Bianka Pagé souhaite « voir s’il y a des choses à faire pour améliorer la situation ». Maman de trois fillettes, elle ressent le besoin de faire évoluer les mentalités. L’acéricultrice trouve aberrant qu’en 2019, il subsiste toujours ce type de discrimination qu’elle ne connaissait pas avant d’intégrer le monde agricole. Elle rejoint alors les rangs des Agricultrices de la Mauricie.
« J’ai demandé si un siège d’administratrice était disponible, raconte la productrice. C’était durant notre année préparatoire; nous n’avions même pas encore officiellement l’entreprise quand j’ai choisi de m’investir! Parmi les autres motivations qui m’ont incitée à m’impliquer, il y a également le fait que je travaille très souvent seule en forêt – mon conjoint occupe un autre emploi à l’extérieur – et que je suis une fille qui aime beaucoup la présence des gens. »

Des réussites et un réseau de contacts
Celle qui exploite actuellement 4 000 entailles – mais qui aspire à atteindre éventuellement le chiffre des 6 000 – agit désormais à titre de présidente des Agricultrices de la Mauricie. Depuis un an, Bianka Pagé siège aussi à l’exécutif de la fédération de l’UPA de sa région.
Au chapitre de ses réussites, l’Aleximontoise d’adoption mentionne que sous sa présidence, les Agricultrices ont haussé leur budget… mais surtout doublé le nombre de leurs membres!
La jeune femme considère qu’elle apporte une « belle dynamique » à l’organisation, qu’elle est parvenue à lui insuffler « un peu plus de vie ». Elle s’y est fait des amies, s’est constitué un réseau de contacts. Si, à ses débuts, la productrice acéricole s’est montrée ébranlée et a même douté de sa place en agriculture, elle se sent maintenant totalement rassurée quant à son choix de métier. Les Agricultrices ont su lui transmettre une bonne dose de confiance.
« Je trouvais que je manquais de légitimité en agriculture, vient confirmer Bianka Pagé. J’ai subi de la discrimination et j’ai eu l’impression qu’il y avait peu de personnes qui pensaient que j’avais ma place dans tout ça. En côtoyant plein d’autres agricultrices super inspirantes et en ayant la possibilité d’échanger régulièrement avec elles, on dirait que ça a validé aussi ma place dans un milieu qui n’était pas le mien avant, mais qui est devenu mon quotidien. »

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