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Crédit photo : Shutterstock.com

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L’empathie : chausser les bottines de l’autre

« J’ai l’impression que mon chum ne me comprend pas. » Tel est le propos de Jeanne, une conjointe de producteur laitier. « Parfois, il me tient pour acquise et ne me démontre aucune reconnaissance. » Épuisée par sa situation, autant à la maison qu’à la ferme, la jeune mère se questionne. Elle constate que sa réalité est bien particulière : horaire atypique, routine en fonction des animaux et vie de famille différente. Il est possible qu’elle se sente démunie ou qu’elle soit en colère lorsque son conjoint la critique ou ne semble pas satisfait. Et si l’on essayait de chausser les bottines de l’autre quelque temps, juste pour voir?

On parle d’empathie lorsqu’on se met à la place de l’autre ou que l’on prend conscience de ce qu’il vit. C’est en quelque sorte arriver à mieux comprendre ce que traverse notre partenaire. Autant dans le couple qu’en affaires, être sensible à l’émotion de l’autre peut nous aider à éviter une situation regrettable. Dans le cas de Jeanne, elle souhaiterait que son conjoint réalise qu’elle est débordée entre la maison et la ferme, mais qu’elle fait de son mieux, et ce, pour le bien-être de toute la famille.

Dans une entreprise agricole, certaines corvées du quotidien peuvent être faites plus rapidement ou carrément oubliées. On suppose que l’autre va les faire ou l’on croit qu’il aime les faire. Mais qui a envie de courir après son temps, de gérer la crise de bacon du plus jeune ou de vider le fumier des parcs à veaux? Cependant, il faut le faire. Pensez à une tâche « moins intéressante » à exécuter. Imaginez un instant que l’on vous fasse des reproches, que l’on vous critique constamment, ou pire encore, que l’on vous insulte. La soupape risquerait de sauter. Pourquoi? Simplement parce que si l’on se sent incompris de son partenaire et que l’on accumule de la frustration, on déverse notre trop-plein, tôt au tard. Et sur qui le fait-on? Sur la personne que l’on aime le plus : le conjoint ou la conjointe.

Avant d’en arriver là, Jeanne a avantage à se questionner sur ce qui la dérange réellement dans les propos ou l’attitude de son compagnon. Comprendre sa propre réaction l’aidera à trouver un moyen pour éviter les débordements. Et si elle se mettait elle-même à la place de son conjoint et qu’elle l’invitait à faire de même? Les deux en sortiraient gagnants. Par exemple, si Jeanne, qui a l’impression de ne jamais en faire assez, expliquait calmement à son conjoint comment se passent ses journées, il pourrait mieux réaliser la pression qu’elle a sur ses épaules pour être une bonne maman, une bonne conjointe, une bonne agricultrice, etc.

L’empathie peut faciliter la compréhension de ce que l’autre vit. Parfois, on a simplement besoin de se sentir apprécié et de recevoir un merci, une attention, un petit geste de reconnaissance. L’important est de réussir à nommer son malaise lorsqu’il apparaît. Expliquez les choses au fur et à mesure que vous les ressentez : « Quand tu dis que mon souper n’est pas bon, ça me blesse », ou encore, « Si je ne m’occupe pas du train comme il faut, souviens-toi que je le fais pour t’aider et que ce n’est pas mon métier ».

On doit se rappeler que la communication permet d’éviter bien des frustrations. Pour préserver une relation, l’empathie et l’ouverture d’esprit sont des qualités essentielles à cultiver. N’attendez pas que le verre d’eau soit plein. Soyez à votre écoute, parlez-en et consultez au besoin.