Actualités 4 octobre 2018

Fier d’être producteur de porcs

Le « siège de la 20 » a insufflé un vent de changement dans l’opinion publique, mais aussi chez les producteurs de porcs eux-mêmes. Philippe Pagé, l’actuel maire de Sainte-Camille, en Estrie, raconte que pour la première fois de sa vie, à 12 ans, il a éprouvé de la fierté à être éleveur de porcs.

En 1998, la production porcine n’a pas bonne presse. « On sentait dans les villages qu’on était perçus comme des méchants agriculteurs », se souvient Philippe Pagé. La production est largement critiquée sur les aspects sociaux et environnementaux, et les manifestations sous l’insigne du « pas dans ma cour » se multiplient. « [On] était à l’ordre du jour du Conseil des ministres toutes les semaines entre 1997 et 1999 », se rappelle l’ancien président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, Clément Pouliot. Puis, le 18 septembre 1998, la 20 est bloquée.

Impressionnant

« Ça avait commencé le vendredi, se rappelle Philippe Pagé. On avait vu ça à la télé et, pour nous, c’était impressionnant de voir que [les manifestants] étaient des gens qui faisaient le même métier que nous. » Les Pagé ne sont pas du genre à s’impliquer dans la vie syndicale, mais cet événement fait exception. 

C’est le dimanche qu’ils arrivent à Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Ils ne connaissent pas grand monde puisque la famille n’est en production porcine que depuis trois ans. Néanmoins, il y a quelque chose de grisant d’enfreindre la loi pour une bonne cause. « Les gens étaient un peu excités de se retrouver là et il y avait quand même une atmosphère bon enfant, même si la situation était grave », raconte M. Pagé. 

Fierté

Le lendemain matin, à l’école, c’est au tour du jeune Philippe d’impressionner ses amis, pour la plupart des citadins d’Asbestos, en racontant sa fin de semaine hors du commun. « Je trouvais qu’il y avait une bonne réceptivité des gens. Même ceux qui n’étaient pas agriculteurs nous encourageaient là-dedans. Je sentais qu’ils appuyaient les revendications des éleveurs de porcs et [j’étais fier] de dire qu’on avait participé à ça. »

Du côté des producteurs, « il y avait une volonté de faire quelque chose de bien et de laisser cette image-là », indique l’ancien président du Syndicat des producteurs de porcs du Centre-du-Québec, Jean-Guy Vincent. 

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