Au Québec, la production urbaine de laitue émet un peu moins de gaz à effet de serre que la production de laitue du circuit traditionnel, mais c’est l’inverse dans la majorité des provinces, indique une recherche de l’Université McGill.
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S'abonner maintenantSelon une nouvelle étude menée par l’Université McGill, la culture de laitue dans des installations intérieures urbaines, comme les systèmes de culture verticale, permet de réduire la consommation d’eau et l’utilisation des terres, mais n’est pas nécessairement une solution plus écologique pour l’ensemble du Canada, notamment dans les villes et provinces où l’électricité est produite à partir d’énergies fossiles.
Seules les productions intérieures de laitues du Québec et de l’Île-du-Prince-Édouard, où la production d’électricité n’utilise pratiquement pas d’énergie fossile, ont des émissions de CO2 de, respectivement, 6 % et 20 % moindres que la production traditionnelle en champ. Ailleurs au Canada, comme en Alberta, les émissions de CO2 des productions intérieures correspondent à 1 873 % de celles de la production traditionnelle, puisque leur électricité est produite à 90 % à partir des énergies fossiles, indique l’étude.
Les scientifiques ont comparé différents paramètres, de la production à la livraison. Ils ont, d’une part, évalué la production de laitues dans des bâtiments fermés en ville et livrées dans la même ville. D’autre part, ils ont réalisé le même exercice pour la chaîne d’approvisionnement traditionnelle, c’est-à-dire la culture des laitues en champs et en serres dans les fermes, ensuite emballées et transportées vers les consommateurs des grandes villes. La chaîne d’approvisionnement traditionnelle comprend aussi l’importation de laitues de la Californie pour environ 67 % des volumes.
« La source d’électricité pour la production peut avoir davantage d’incidence que la distance parcourue par les aliments », affirme en entrevue Estefany Cabanillas, autrice principale de l’étude, qui a réalisé ces travaux dans le cadre de sa maîtrise au Département de génie des bioressources de l’Université McGill, à Montréal.
L’agriculture urbaine montre de belles promesses
Au Québec, la production urbaine de laitues émet déjà 6 % moins de CO2 que la production de laitues du circuit traditionnel. Les résultats de l’étude indiquent aussi que la culture intérieure utilise plus efficacement les terres et l’eau, et pourrait contribuer à améliorer l’accès aux aliments dans un contexte où les changements climatiques exercent une pression croissante sur les terres agricoles et les ressources hydriques, soulignent les chercheurs.
De plus, l’agriculture urbaine en environnement contrôlé peut jouer un rôle important dans l’amélioration de la sécurité alimentaire, indique Mme Cabanillas. Elle juge que l’agriculture intérieure a le potentiel d’encore s’améliorer et, dans les provinces canadiennes où l’électricité dépend majoritairement des énergies fossiles, il s’agirait d’alimenter les fermes urbaines avec des énergies renouvelables, comme l’éolien et le solaire, pour les rendre plus écologiques ou aussi écologiques que le mode traditionnel de production de laitues.