Volailles 2 juillet 2026

Un complexe de recherche avicole sur le point d’émerger

Poules, poulets et, peut-être un jour, dindons seront accueillis dans de nouvelles installations de recherche sur les terrains de l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ), à proximité du campus abritant la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, à Saint-Hyacinthe. 

Les bâtiments, qui devraient compter plusieurs poulaillers de grandeur commerciale et une meunerie expérimentale, permettront au Collectif d’innovation, de recherche et de référence en agroalimentaire (CIRRAA) – un nouveau regroupement composé de l’entreprise de nutrition animale Jefo, Cintech agroalimentaire, affilié au cégep de Saint-Hyacinthe, et l’ITAQ – de mener des recherches sur la production avicole. L’idée est de mettre à profit la complémentarité de leurs expertises respectives.

Karine Mercier

Selon Karine Mercier, directrice générale de l’ITAQ, ce modèle collaboratif était manquant au Québec, et viendra combler un vide important dans le secteur avicole, où la recherche est actuellement effectuée à plus petite échelle, souvent de manière isolée. « Grâce aux infrastructures partagées, il sera possible de mener des projets complets de A à Z : partant de la qualité du grain qu’on pourrait faire pousser ici, sur les terres de l’ITAQ, jusqu’à l’impact sur la croissance des poulets, et allant même jusqu’aux tests de goût en laboratoire pour évaluer la qualité de la viande », illustre-t-elle. 

C’est l’entreprise Jefo qui est l’initiatrice du projet, et qui sera propriétaire des infrastructures, financées en partie par un prêt remboursable de 120 M$ octroyé par le gouvernement du Québec, il y a quelques mois.

Il y avait un manque à combler pour avoir un centre qui permet de faire de la recherche de différentes natures avec des populations de volailles.

Karine Mercier

L’ITAQ ne participe pas financièrement aux nouvelles infrastructures, mais contribue en fournissant le terrain. Une collaboration que Mme Mercier estime positive pour le secteur agroalimentaire dans son ensemble, puisque les nouvelles infrastructures de recherches seront accessibles à tous. « Le CIRRAA, c’est vraiment pour avoir un organe neutre qui pourra gérer les installations et les mettre à la disposition de la communauté. Toute entreprise, organisation ou institution pourra louer les installations, amener sa propre équipe technique ou opter pour une formule “clé en main”, avec le personnel du centre qui gère les populations animales », détaille-t-elle, en ajoutant que les poulaillers devraient être prêts en 2028.

« Les projets précis seront développés avec les partenaires du CIRRAA et en fonction des besoins de l’industrie, mais nous anticipons notamment des travaux liés à la nutrition de précision, à la santé intestinale, à l’efficacité alimentaire, au bien-être animal ainsi qu’à l’évaluation de nouveaux ingrédients et de nouvelles stratégies nutritionnelles », ajoute Jean-François Fontaine, vice-président du Groupe Jefo, dans une réponse transmise à La Terre par courriel.

« Tout un avantage » pour la formation

Actuellement, l’ITAQ possède de petites installations pouvant accueillir une centaine de poulets à Saint-Hyacinthe, mais rien de l’envergure des poulaillers qui seront construits par Jefo sur son campus. Ce qui sera un avantage indéniable pour la formation des étudiants, souligne la directrice générale de l’ITAQ. « C’est pour ça qu’on était très intéressés à pouvoir accueillir les installations sur nos terres, parce qu’effectivement – on le vit déjà avec notre ferme-école Lapokita [au campus de La Pocatière] pour la production laitière – il y a tout un avantage à être à proximité. On parle de formation initiale pour nos étudiants, mais aussi de formation continue pour des producteurs agricoles qui souhaitent mettre à jour leurs connaissances », mentionne-t-elle.

De son côté, M. Fontaine estime que le plus grand avantage du projet est de combiner un centre de recherche en production avicole à une future meunerie expérimentale, uniquement consacrée à produire des aliments spécialisés pour les fins d’essais et de recherche. « Nous pourrons ainsi évaluer de nouvelles solutions dans un environnement contrôlé et générer des données scientifiques de grande qualité avant leur déploiement à plus grande échelle.  De plus, la meunerie sera accessible non seulement à Jefo, mais aussi aux fabricants d’aliments du Québec, aux universités et aux centres de recherche qui souhaitent développer ou valider de nouvelles approches », détaille-t-il.

Dans un communiqué, le 15 juin, le CIRRAA dit s’être inspiré des modèles de laboratoires d’innovation industriels et des meilleures pratiques à l’international pour développer ce centre. La vocation du regroupement est d’ailleurs plus large que la recherche avicole, se voulant « un levier structurant pour la compétitivité de l’industrie agroalimentaire » dans son ensemble.