Le lac Saint-Pierre et ses affluents sont soumis à beaucoup d'érosion et de pertes d'habitats fauniques. La Stratégie d'intervention pour l'avenir du lac Saint-Pierre du gouvernement québécois, dotée d’une enveloppe de 44 M$, veut y remédier, notamment en améliorant les pratiques agricoles. Crédit: Facebook/Comité ZIP du lac Saint-Pierre
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantLe gouvernement du Québec annonce, en ce 26 juin, un important budget de 44 M$ pour financer la Stratégie d’intervention pour l’avenir du lac Saint-Pierre, qui vise à réhabiliter son écosystème en privilégiant une agriculture durable dans son littoral.
Le cadre financier, sur un échéancier de cinq ans, prévoit des incitatifs et de l’accompagnement aux agriculteurs qui désirent améliorer leurs pratiques agricoles afin d’améliorer la qualité de l’eau. Un programme permettra aussi aux agriculteurs de louer leurs terres et de confier l’implantation de prairies permanentes à l’organisme Canard Illimités Canada.
Le montage financier prévoit un montant pour le rachat de terres auprès des agriculteurs qui ne désirent pas modifier leurs pratiques culturales et qui préfèrent vendre. Il s’agira alors d’un acte volontaire, tient à souligner le cabinet du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Donald Martel. Rien n’est encore ficelé, mais son ministère soutiendrait financièrement la Fiducie foncière UPA-Fondaction pour qu’elle achète des terres et s’assure d’en conserver la vocation agricole.
D’autres terres pourraient être offertes à des organismes de conservation de la faune et à des autochtones. À ce sujet, le cabinet explique que des Abénaquis ont signalé leur intérêt d’y cultiver des cultures ancestrales, ce qui pourrait être effectué avec une rétribution financière et des outils d’accompagnement afin de respecter les critères de réhabilitation du lac Saint-Pierre.
L’enveloppe de 44 M$ servira aussi à lutter contre l’érosion dans des secteurs prioritaires afin d’améliorer la qualité de l’eau s’écoulant dans le littoral du lac. Un soutien financier sera également offert aux initiatives de conservation et de restauration des habitats fauniques.
Déjà en marche
Un premier montant de 6 M$ avait déjà été annoncé en janvier pour inciter les quelque 200 agriculteurs du littoral du lac Saint-Pierre à adopter des pratiques durables, un succès selon le cabinet du ministre, puisqu’une centaine d’entre eux ont adhéré à l’initiative, ce qui totalise environ 3 000 hectares de terre.
Ils pourront participer à un deuxième programme du même genre, qui sera offert dans les prochains mois. Le gouvernement n’entend pas appliquer de mesures coercitives aux producteurs qui conserveront leur régie de culture actuelle.
Effets de l’agriculture
Rappelons que plus d’une centaine de chercheurs, d’étudiants et de professionnels provenant de trois universités, dont l’Université du Québec à Trois-Rivières, avaient réalisé une gigantesque étude sur le lac Saint-Pierre en 2024, concluant que la faible reproduction de certaines espèces, dont la perchaude, était principalement causée par la détérioration de leurs habitats en raison des pratiques agricoles.
La domination graduelle de la culture du maïs et du soya a entraîné l’érosion des sols et détérioré la qualité de l’eau. Les sols plus dénudés associés à cette régie de culture empêchent aussi, lors des inondations printanières, des poissons d’aller pondre leurs œufs dans ce qui était à l’époque des étendues d’herbes hautes.
Pour freiner le déclin de la perchaude, le gouvernement avait complètement interdit la pêche commerciale et sportive à la perchaude, en 2012. Ce moratoire a été reconduit jusqu’en 2027. Des mesures limitatives ont également été imposées, cette année, aux pêcheurs de dorés et de brochets, en raison du déclin de ces espèces dans le lac Saint-Pierre.
Ce plan d’eau est un élargissement du fleuve Saint-Laurent entre Sorel-Tracy et Trois-Rivières. Il est considéré comme la plus importante plaine inondable en eau douce du Québec et est désigné réserve de biosphère par l’UNESCO.