Avec les conditions de 2026, certains peuplements de blé affichent des symptômes de rouille jaune (à gauche) ou de fusariose (à droite). Photo : MAPAQ
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S'abonner maintenantLa météo chaude et pluvieuse des dernières semaines a offert des conditions propices à la fusariose, constate Marie-Édith Cuerrier, conseillère en gestion intégrée des ennemis des cultures au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). « C’est un point chaud, la fusariose de l’épi, l’une des maladies les plus importantes en raison des pertes de rendements et des risques de perte de qualité par la production de mycotoxine dans le grain », détaille-t-elle.
Pour le blé et d’autres céréales, l’étape de la floraison est critique, tandis que pour l’orge, c’est la floraison et l’épiaison. « Les céréales d’automne, on a atteint les stades sensibles à l’infection au même moment où les conditions étaient chaudes [plus de 25 °C] et humides, ce qui a nécessité l’application de fongicide au sud du Québec », précise-t-elle, indiquant que la situation était variable d’une région à l’autre.
Les céréales semées ce printemps seront à surveiller prochainement, puisqu’elles approchent le stade de début de floraison dans certains secteurs, comme en Montérégie, évalue-t-elle. La conseillère recommande d’ailleurs aux producteurs de consulter le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP), de même que la carte interactive de la fusariose de l’épi sur le site d’Agrométéo Québec.
De la rouille
Des observations de rouille jaune ont été rapportées dans le Bas-Saint-Laurent et dans Chaudière-Appalaches. « C’est un champignon observé pour la première fois en 2013, et depuis ce temps, la maladie se manifeste sur le blé d’automne et de printemps. C’est du cas par cas, et il est trop tôt en saison pour savoir si cela engendrera des pertes importantes », indique Mme Cuerrier.
La rouille jaune est susceptible de se développer lorsque la température est fraîche, pluvieuse et que l’eau de la rosée persiste sur le feuillage du blé.
La rouille se disperse par le vent. On invite les producteurs à demeurer vigilants.
Lorsque la rouille jaune est présente, elle nécessite deux dépistages par semaine. Intervenir avec des pesticides est suggéré lorsque 5 % des feuilles du champ présentent des symptômes. « Il faut aussi traiter avant que 5 % de la surface de la feuille étendard soit atteinte », précise-t-elle. L’utilisation de cultivars plus résistants à la rouille ou à la fusariose demeure un bon moyen de prévention, évoque la spécialiste.
En attente des résultats pour le soya et le maïs
Les résultats du RAP associés à la présence de ravageurs dans les cultures de soya et de maïs n’ont pas encore été diffusés. Marie-Édith Cuerrier indique toutefois que le RAP a reçu des signalements de mouches des semis en Montérégie, dans Chaudière-Appalaches, en Estrie, de même que dans le Centre-du-Québec.
Concernant le fameux ver fil-de-fer, un ravageur souterrain qui se nourrit des racines et des plantules, le RAP étudie sa présence potentielle dans 90 champs de différentes régions du Québec. « On en dépiste depuis 15 ans et on poursuit nos efforts de dépistage », assure Mme Cuerrier. Le RAP concentre ses recherches dans les sites plus susceptibles d’abriter le ravageur, soit des sols légers, riches en matière organique, des cultures semées sur des retours de prairie ou qui incluent une rotation de céréales, énumère-t-elle.
Les résultats des dépistages seront connus plus tard dans l’été, mais les producteurs sont invités à effectuer des dépistages s’ils observent des dommages. La conseillère mentionne que de 2011 à 2025, entre 5 et 10 % des champs analysés ont atteint les seuils d’intervention du ver fil-de-fer.