Geneviève Lacelle, ses parents, Diane Aubin et Jean-Guy Lacelle, ainsi que sa sœur, Myrianne Lacelle. Photo : Gracieuseté : Ferme La rose des vents
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S'abonner maintenantMont-Laurier – Le chemin du 5e-Rang Sud, à quelques kilomètres au nord de Mont-Laurier, pourrait presque s’appeler le rang Lacelle : Diane Aubin et Jean-Guy Lacelle y ont tous les deux grandi et leurs quatre enfants – dont Myrianne et Geneviève, qui travaillent avec eux à la ferme de production et de transformation de poulet de grain – s’y sont installés. C’est ici que l’histoire d’amour de ces deux passionnés d’agriculture s’est écrite, même si la vie a forcé quelques détours.
« J’ai été élevée à un kilomètre d’ici. On s’est toujours connus. Comme Jean-Guy, j’ai été élevée dans une ferme laitière. On a travaillé tous les deux à l’extérieur, mais on voulait une ferme », raconte Diane Aubin, se replongeant en 1982, au moment où les parents de son conjoint souhaitaient passer le flambeau à la génération suivante.

« Des fermes, il y en avait 26 dans le rang ici, et là, on est juste deux, fait valoir Jean-Guy Lacelle, qui explique que les embûches ont été nombreuses pour assurer la continuité de l’entreprise. On a vendu [le troupeau laitier] parce que j’ai eu un cancer et mes enfants n’étaient pas encore prêts à prendre la relève, dit-il, encore nostalgique de cette production. On est allés vers le bœuf et ça n’a pas collé. Et comme on avait toujours fait des poulets pour la famille… »
Quelques embûches sur la route
C’est donc vers cette production qu’ils se tournent au début des années 2000 avec l’acquisition de quota de poulets. Avec le retour de l’aînée des filles Lacelle, Geneviève, après des diplômes en cuisine et en boucherie, on ajoute le débitage à forfait à l’offre de la ferme. Bœuf, agneau, porc, viande sauvage, volailles : toutes sortes de viandes auront ainsi défilé sur les tables de découpe de la Ferme La rose des vents.
« Au départ, c’était aussi parce que ma mère avait une boutique avec ses poulets. Elle faisait les découpes et tout ça. Donc, c’était dans l’optique de développer la transformation de poulet de grain », explique la principale intéressée, qui s’occupe maintenant de la production de l’usine de transformation.
Le transport des animaux pour l’abattage à Saint-André-Avellin, à plus de deux heures de route, devient cependant un enjeu, du côté tant des coûts que du bien-être animal, en particulier en période hivernale. « On était au point où on se disait : ‘‘On lâche ou bien on essaie de construire un abattoir”, lâche Jean-Guy Lacelle. Il n’y avait pas vraiment d’autres solutions. »

Il a fallu être persévérants pour trouver les équipements à prix raisonnable et convaincre les autorités municipales et provinciales du bien-fondé du projet, poursuit-il, fier d’être parvenu à ses fins en 2013. Et avec une usine de près de 6 000 pieds carrés, c’est en famille qu’on transforme aujourd’hui entre 2 000 et 2 500 poulets chaque semaine – et uniquement les poulets de la Ferme La rose des vents, les risques liés à la grippe aviaire l’ayant obligée à abandonner l’abattage à forfait.
Pari sur le pâté au poulet!
Si près de deux tiers des poulets sont vendus frais – entiers ou en morceaux – dans les Laurentides, en Outaouais, en Abitibi ainsi que chez quelques restaurateurs montréalais, la transformation permet de valoriser toute la bête et de faire rayonner au passage d’autres producteurs de la région. « On est très allumés sur le fait d’acheter local et d’encourager nos producteurs », indique Diane Aubin, citant entre autres le miel, la fleur d’ail, le sirop d’érable et les produits laitiers de la Laiterie des trois vallées, à Mont-Laurier.
Selon elle, l’avenir et l’intégration d’une éventuelle quatrième génération passent d’ailleurs par la transformation. Le « produit signature » de l’entreprise est sans contredit le pâté au poulet, qu’on souhaite propulser au maximum. « Quand les gens l’essaient une fois, ils ne sont plus capables de s’en passer! » assure-t-elle.
Geneviève Lacelle, qui en parle comme de son « bébé », ne cache pas ses ambitions. « C’est notre produit phare, c’est le produit qu’on chouchoute le plus et qu’on veut amener le plus loin possible. Et c’est un produit qui est en grande demande depuis quelques années », dit-elle, impatiente de poursuivre l’aventure avec son vrai bébé, sa fille Zoé, 20 ans, qui est
« désireuse de venir prendre sa place ».
La sœur de Geneviève, Myrianne, prend soin des oiseaux au poulailler et se réjouit de voir la quatrième génération pointer. « Ce n’est pas juste une ferme, ce n’est pas juste une terre, ce n’est pas juste à nos parents. On a été élevés ici. Pour moi, c’est vraiment une question de cœur, dit-elle. Je n’ai pas d’études et, pour moi ça a été difficile plus jeune. Et ça, c’était quelque chose que j’étais capable de faire. Et aujourd’hui, j’ai 38 ans et je me rends compte que je suis capable de tellement. Et ça, c’est grâce à la ferme. »
De quoi émouvoir Diane Aubin : « C’est l’fun parce qu’on peut penser à une continuité. À l’âge qu’on a, on s’en va plus vers la retraite. Voir que nos petits-enfants vont possiblement continuer, c’est une fierté! »

Équipement techno
Acquise il y a deux ans, la machine à cônes permet d’augmenter grandement la productivité lors du débitage des poulets. « Le poulet passe devant les bouchers, un enlève les ailes, l’autre enlève la poitrine. Cette machine-là a changé pas mal la cadence », fait valoir Diane Aubin, précisant que, malgré l’acquisition d’équipements à la fine pointe de la technologie, le travail se fait encore à échelle humaine.
Le bon coup de l’entreprise
Assurément l’abattoir représente le bon coup de l’entreprise, « parce que ça nous a permis de continuer », lance Diane Aubin sans hésiter. Elle mentionne aussi l’automatisation de la transformation du poulet, qui s’est ajoutée pour pallier la difficulté de trouver du personnel. « Sinon, on n’y arriverait pas, il manque trop d’employés », poursuit-elle, évaluant le nombre d’employés manquant à trois personnes, d’où l’importance de l’implication de toute la famille.
| Fiche technique | |
|---|---|
| Nom de la ferme: | Ferme La rose des vents |
| Spécialités : | Production et transformation de poulet de grain |
| Année de fondation : | 1945 (à l’origine une ferme laitière) |
| Noms des propriétaires : | Diane Aubin, Jean-Guy Lacelle et leurs quatre enfants |
| Nombre de générations : | 3 |
| Superficie en culture : | 60 hectares |
| Production : | Entre 2 000 et 2 500 poulets abattus par semaine |
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