Depuis 2023, un regroupement de producteurs agricoles tente de relancer les activités d’abattage de cette usine fermée l’année précédente par la coopérative Nutrinor en raison d’un manque récurrent de main-d’œuvre. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantLe projet de conversion de l’ancien abattoir de porc Boucherie Charcuterie Perron, à Saint-Prime, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, s’est récemment vu octroyer une subvention de plus de 200 000 $ de Québec.
La somme provient du Fonds région et ruralité et permettra de financer la conversion des installations en abattoir multiespèce (bovin, ovin et porcin). Le projet est évalué à 3 M$.

Depuis 2023, un regroupement de producteurs agricoles tente de relancer les activités d’abattage de cette usine fermée l’année précédente par la coopérative Nutrinor en raison d’un manque récurrent de main-d’œuvre. Il est prévu que l’usine transforme 1 000 bovins par année, mentionne le président de la fédération régionale de l’Union des producteurs agricoles, Jean-Thomas Maltais, dont l’organisation participe au projet. « En grosse majorité, ce serait pour du bovin de réforme. On a plusieurs centaines de producteurs laitiers et des producteurs bovins également [au Saguenay–Lac-Saint-Jean]. C’est ce qui serait la base d’une commercialisation éventuelle d’un bœuf haché boréal ou d’une marque régionale », dit-il.
Selon lui, une étude de marché a démontré que l’isolement particulier de la région sur le marché provincial créerait une occasion d’affaires, sur le marché « intérieur », de commercialiser la viande du nouvel abattoir.
Quant aux problèmes de main-d’œuvre qui ont mené à la fermeture de l’usine précédente, le président estime que l’usine serait en mesure d’attirer les diplômés en boucherie du Centre de formation professionnelle de Jonquière. « On a quand même de la main-d’œuvre proche qu’on peut réussir à séduire. C’est une partie abattage, c’est une partie salle de découpe, alors les employés réussiraient à combler leurs quarts de travail [avec] la découpe et la transformation », mentionne-t-il.
Modèle coopératif
Le projet a récemment pris la tournure d’une coopérative, car la faible rentabilité des abattoirs – en raison du coût élevé de la viande – permettra notamment de répartir le risque entre les membres investisseurs et de garantir l’approvisionnement du bétail. « C’est moins dur au niveau des garanties. Les gens, avant d’entrer là-dedans, ils ont moins de craintes, aussi, d’être obligés d’honorer des prêts, et [une fois] la crainte enlevée, ça fait qu’il y a plus de monde dans le projet. Plus il y a de monde, plus il y a de financement et plus il y a de producteurs qui peuvent mettre les animaux dans le projet. Parce qu’au-delà de l’abattage, ça prend de l’approvisionnement, alors plus tu as des gens qui font partie de la coopérative, plus tu as de l’approvisionnement garanti », soutient M. Maltais.
Au cours des prochaines semaines, l’objectif sera justement de rencontrer des producteurs afin d’accroître le nombre d’adhérents de la coopérative.