Le projet de chambre de coordination et de développement apicole, s’il se concrétise, sera financé par une contribution obligatoire de 2 $ par ruche pour les quelque 60 apiculteurs québécois détenant 200 ruches et plus. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantLa directrice en gestion de projet du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ), Hassina Yacini, a décrit le projet de chambre de coordination et de développement (CCD) apicole comme « le filon manquant », qui permettra de faire le pont entre la recherche qui est réalisée dans ce secteur et les ruchers du Québec.
« Il y a déjà beaucoup de financement qui se fait pour la recherche, beaucoup de connaissances scientifiques qui sont produites. L’enjeu principal, aujourd’hui, c’est de les amener, de les adapter pour le milieu et de les transférer de façon rapide pour l’évolution du secteur apicole », a-t-elle exprimé devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec, qui tenait une séance publique sur le projet, le 4 juin. Cette CCD représente donc, selon elle, l’élément manquant afin de créer un véritable effet de levier qui améliorera la productivité et la pérennité des entreprises apicoles québécoises.
Un commentaire avec lequel Raphaël Vacher, président des Apiculteurs et apicultrices du Québec (AADQ), est entièrement d’accord. « Ça fait partie des objectifs de la CCD [de faciliter ce transfert de connaissances scientifiques sur le terrain]. Avant, on était toujours en attente des subventions offertes par le gouvernement, et nos projets devaient cadrer dans leurs programmes. Avec notre propre financement pour la recherche, ça va aller beaucoup plus vite et on ne sera plus limités », a-t-il confié en entrevue avec La Terre, peu après la séance.
Devant la Régie, il a détaillé la structure de la future CCD apicole, dont le financement sera assuré par une contribution de 2 $ par ruche pour tous les apiculteurs possédant 200 ruches et plus. Cela confèrera un budget annuel estimé à quelque 110 000 $. Une portion de 15 à 20 % de ce montant – soit 22 000 $ – servirait aux frais administratifs, alors que le reste – environ 88 000 $ – serait redirigée vers les projets de recherche « structurants » pour la filière, en concertation avec les autres membres de la CCD que sont le Centre de recherche en sciences animales de Deschambault, le CRAAQ et Citadelle Coopérative. Jusqu’ici, aucune opposition n’a été manifestée lors des différentes séances tenues devant la Régie sur le projet.
Une décision de la Régie est attendue d’ici quatre mois. Si elle est favorable, les AADQ présenteront à leurs membres un projet de règlement et de code de déontologie de la CCD apicole lors de leur prochaine assemblée générale, en février 2027. « Notre intention est de pouvoir envoyer les premières factures à l’été 2027 et de décoller le plus tôt ensuite », indique M. Vacher.