Volailles 29 mai 2026

Des « cas bizarres » de grippe aviaire dans les basses-cours, mais pas de resserrement des règles

Il y a quelques mois, Manon Racicot, vétérinaire épidémiologique à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, faisait état de « cas bizarres » de grippe aviaire hautement pathogène déclarés dans plusieurs petits élevages du Québec, à l’automne 2025, et qui étaient encore étudiés par son équipe. 

« Ce n’est pas supposé être compliqué de même dans la basse-cour, mais cette année, c’est compliqué! Il y a des cocktails de virus d  ans nos élevages de basse-cour. Je pense que c’est ça qu’il faut retenir », a-t-elle exposé devant des éleveurs de volailles et des producteurs d’œufs qui assistaient à l’assemblée générale annuelle de l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles, à la fin février. Elle a notamment cité un cas survenu dans un élevage de Mont-Saint-Grégoire, en Montérégie, qui a généré des vérifications et des mises en quarantaines dans 28 autres fermes d’un bout à l’autre du Québec et même ailleurs au Canada, puisqu’il y avait eu des ventes d’oiseaux possiblement infectés, mais non symptomatiques.

Outré, un participant à l’assemblée a demandé si on ne devrait pas imposer le confinement des oiseaux de basse-cour pendant les périodes de migration des oiseaux sauvages pour éviter « de fermer tout le Canada » parce qu’un éleveur a vendu quelques oiseaux, a-t-il demandé. La Dre Racicot a répondu que les règles encadrant ces activités relevaient du provincial.

Certaines provinces interdisent les encans pendant une certaine période de l’année. Il y a des mesures possibles, mais ce ne sera pas fait au niveau fédéral.

Dre Manon Racicot

Dans la législation provinciale, l’article 7 du Règlement sur les conditions de salubrité des lieux de garde d’oiseaux captifs permet déjà d’imposer le confinement obligatoire des oiseaux, afin de limiter le contact avec les palmipèdes migrateurs. Or, cet article n’est pas en vigueur, et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a indiqué à La Terre qu’il n’avait pas l’intention, pour l’instant, de l’utiliser. « La mise en vigueur de l’article 7 […] aurait des impacts pour tout élevage d’oiseaux (adaptation de la régie des animaux et des infrastructures, afin de respecter le confinement, pour les productions commerciales ou non). Les mesures actuelles (accompagnement, sensibilisation, soutien au gouvernement fédéral, etc.) sont jugées adéquates pour minimiser le risque tout en limitant les conséquences pour les propriétaires d’oiseaux », a précisé Yohan Dallaire Boily, relationniste au MAPAQ,  dans une réponse fournie par courriel à La Terre.

Il avise néanmoins que, puisque la situation épidémiologique est en constante évolution, les mesures, y compris les exigences réglementaires, sont régulièrement révisées en fonction de la gestion du risque. 

Moins de rassemblements d’oiseaux qu’avant

Entre-temps, le MAPAQ continue de recommander aux organisateurs d’événements agricoles d’éviter la tenue de rassemblements d’oiseaux, mais ne les interdit pas pour autant. Cette directive déplaît aux éleveurs d’oiseaux de races pures, comme Étienne Laliberté, propriétaire de l’élevage Val-Plante Breeding, à Saint-Hugues, en Montérégie. 

Il remarque que depuis 2023, le nombre de foires et de jugements d’oiseaux au Québec a fortement décru. Or, selon lui, les risques de propagation de la grippe aviaire dans de tels événements restent plutôt limités, puisque les éleveurs qui y prennent part ont tous à cœur la biosécurité pour préserver les lignées de races pures qu’ils ont mis des années à développer, soutient-il.