Photos : Gracieuseté de la Ferme Gendron-Benoit
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S'abonner maintenantPour sa troisième année de culture du gingembre, la Ferme Gendron-Benoit, de Bromont, en Estrie, a décidé d’abandonner celle du gingembre mature, pour faire comme plusieurs autres producteurs au Québec, et privilégier la culture du bébé gingembre.
« Il aurait fallu vendre notre gingembre mature plus cher que le gingembre importé, à cause des coûts engendrés par la culture en serre. Les gens ne voyaient pas de plus-value, et n’étaient pas prêts à payer pour ça, alors ça ne valait pas la peine », explique en entrevue Sophie Gendron, copropriétaire de la Ferme Gendron-Benoit avec son conjoint Dominique Benoit.

Également producteurs de sirop d’érable sur leur terre de Bromont, avec 5 800 entailles, Sophie Gendron et Dominique Benoit pensaient se démarquer en produisant du gingembre mature québécois, mais la réponse des consommateurs n’a pas été au rendez-vous.
« Bien qu’il ne soit pas encore très connu, le gingembre jeune est recherché, et on pense qu’il va percer de plus en plus. Il est plus craquant, n’a pas de pelure, n’est pas fibreux comme le gingembre mature, dit Sophie Gendron. Puisque le stade immature se conserve moins longtemps, il ne supporterait pas le transport, donc on n’en retrouve pas en produits d’importation. Le bébé gingembre québécois est donc un produit rare et exclusif. »
Un produit de plus en plus recherché
En 2025, la Ferme Gendron-Benoit a récolté 800 kg de gingembre, et son objectif pour sa prochaine récolte est d’atteindre une tonne.
Offrir du bébé gingembre a également permis aux producteurs de développer davantage leur marché.

« On a un partenariat avec La Récolte des Cantons, qui offre notre gingembre dans sa boutique à la ferme et l’apporte avec ses légumes aux marchés publics de Granby et de Bromont. Il est également vendu par des maraîchers du Marché Jean-Talon et du Marché Atwater et nous travaillons aussi pour qu’il se retrouve aux marchés de Saint-Hyacinthe et de La Prairie », explique Sophie Gendron.
À la fin de la saison, toute la production est vendue, si bien que la transformation est devenue superflue.
Au début, on a voulu se lancer dans la transformation, mais la demande n’était pas vraiment là pour les produits transformés.
Une culture plutôt facile
Très peu attaqué par les insectes et les maladies, le gingembre est de culture plutôt facile, explique la productrice, qui le fertilise simplement avec du fumier de poule.
En février, la production démarre en pouponnière à partir de rhizomes choisis de façon à ce qu’ils n’aient pas subi de choc thermique pouvant nuire à leur potentiel germinatif, c’est-à-dire n’ayant pas été entreposés à moins de 10 degrés Celsius. Les petits plants sont par la suite transplantés dans des bacs de culture, dans la serre chauffée à 32 degrés Celsius, où la température monte encore en plein été.
« Il fait chaud là-dedans. Ça sent bon le gingembre, et assez rapidement, ça devient une vraie jungle », dit Sophie Gendron.
La récolte du bébé gingembre s’échelonne du mois d’août au mois de novembre. Il se conserve une semaine au réfrigérateur.