Louis-Simon Barette, cofondateur et président de la Ferme Ô Menu, qui pratique la culture verticale à l'année. Photo : Geneviève Quessy
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S'abonner maintenantLes idées poussent aussi vite que les micropousses au sein de la Ferme Ô Menu, dans Lanaudière. Transformé en réseau de distribution par trois producteurs de la relève en novembre dernier, le projet implique maintenant sept entreprises agricoles associées et un modèle d’affaires original qui attire de nombreux partenaires.
Installée dans une ancienne usine de planchers, à L’Assomption, la Ferme Ô Menu, membre de la Zone Agtech, pratique la culture verticale à l’année. Des micropousses, fines herbes, laitues de spécialité et fleurs comestibles y sont cultivées dans des installations hydroponiques en étagères, chauffées avec une thermopompe aérothermique et illuminées d’éclairages D.E.L. hautement écoénergétiques, question de réduire la consommation électrique.

« Initialement, Ferme ô Menu cultivait des micropousses, puis, depuis le mois de novembre dernier, le projet a évolué pour devenir un réseau de plusieurs fermes, qui produit et distribue ses produits », explique Louis-Simon Barette, président et cofondateur de la Ferme Ô Menu, avec Ludovic Gagnon-Rousse et Émile Bergeron-Perreault.
D’abord composé de la Ferme Ô Menu, de Vertiberry (fraises) et des Serres Point du Jour (tomates), le réseau compte maintenant sept fermes associées avec l’arrivée d’Aliments CL (champignons), Mon panier Bio (culture de légumes bio en serre), les fermes La Vraie Vie (œufs et fleurs) et Vallée Verte (produits laitiers).
On est devenu un réseau de production et de distribution d’aliments frais variés, un peu comme Lufa, à la différence qu’on s’adresse au marché B2B, soit les restaurateurs, traiteurs, hôteliers, épiciers.
Les fermes partenaires ont élaboré une offre de produits qu’elles proposent de livrer directement aux entreprises intéressées à les acheter, dans Lanaudière principalement, mais aussi à Laval, Montréal, et bientôt dans les Laurentides.
« C’est difficile pour les petits producteurs. On a tous le même enjeu : la distribution. On est un peu obligés de trouver nos propres façons de fonctionner, alors ce qu’on a trouvé, c’est de mutualiser les volumes pour que ça vaille la peine d’acheter un camion et d’engager un livreur. À la “gang”, ça devient plus logique et plus rentable de le faire », dit Louis-Simon Barette.
Trois jours par semaine, leur camion de livraison est sur la route. Et tant qu’à faire rouler un camion, ils ont approché d’autres producteurs et transformateurs de leur région pour leur offrir de profiter de leur service de distribution. D’autres ententes seraient en voie d’être conclues.

en étagères à la Ferme Ô Menu. Photo : Geneviève Quessy
En six mois, le nombre de clients restaurateurs et commerçants intéressés à recevoir leurs produits est passé de 26 à 70, explique le jeune producteur.
« Avec plus de produits, on est plus compétitifs et notre offre est plus intéressante pour les acheteurs. Du côté des producteurs et transformateurs partenaires, on leur donne accès à plein de restaurants et de commerces auxquels ils n’auraient pas accès, et on leur facture moins cher que d’autres distributeurs puisqu’on est aussi producteurs et qu’on partage les frais. Pour tous, c’est gagnant-gagnant. Se déplacer à 100 km pour deux caisses de tomates, ça ne vaut pas la peine, mais si le camion est plein, ça change tout! » dit Louis-Simon Barette.