L’aménagement de bandes fleuries, pour attirer les insectes et pollinisateurs, a été expérimenté dans des champs de la Ferme Lando l’an dernier. Photo : Photos : Gracieuseté de la Ferme Lando
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S'abonner maintenantChez les Lando, à Saint-Patrice-de-Sherrington, en Montérégie, il n’y a pas que la passion pour la production maraîchère qui se transmette de père en fils; les bonnes pratiques agricoles également. Des haies brise-vent aux bandes fleuries, en passant par le travail réduit du sol et la biofumigation, un bouquet de mesures durables et innovantes y est mis en œuvre.
L’aïeul de la famille, Giuseppe Lando, a donné le ton dès la fin des années 1970 en aménageant des haies brise-vent autour de ses champs. Un demi-siècle plus tard, environ 80 % des 65 hectares cultivés sont ceinturés de rangées d’arbres ou de forêts, précise Mauro Lando, deuxième génération de maraîchers. « Je plantais des arbres à 10 ans avec mon père », se souvient-il.

Les avantages de ces haies végétales pour la santé des sols (réduction de l’érosion et protection contre la sécheresse), ainsi que la biodiversité, ont été observés. La plantation d’arbres se poursuit donc, cette année encore, autour des champs qui en sont dépourvus. Mauro Lando est désormais accompagné de ses deux fils, Anthony, 27 ans, et Giuliano, 23 ans, qui se préparent à prendre la relève de l’entreprise agricole, spécialisée dans la culture de légumes emblématiques d’Italie (radicchio, épinard, chou kale, etc.), vendus au marché de gros.
Travail réduit du sol
L’adoption d’autres bonnes pratiques, certaines spécifiques au secteur maraîcher, comme l’installation de capteurs de spores, s’est poursuivie au fil du temps. Mais Mauro Lando affirme être particulièrement satisfait de la méthode qu’il a développée, au gré de ses expériences, pour préparer le sol. Selon lui, son approche demeure plutôt unique dans cette région du sud de la Montérégie, où la terre noire est reine et la production maraîchère, abondante.
On s’est aperçus que si la terre est travaillée trop finement, ça entraîne de l’érosion en surface, en cas de grands coups d’eau. Mais en travaillant le sol modérément et en conservant des mottes d’une certaine grosseur, ça permet à l’eau de s’infiltrer plus vite et de conserver davantage d’humidité dans le sol.
Bref, résume-t-il, plus le travail de sol est réduit, moins il y a d’érosion et de perte de terre noire, et mieux le sol se porte. Cela détonne cependant un brin de la « pensée générale » qui préconise, selon M. Lando, un plus grand travail pour « affiner la terre afin qu’elle soit parfaite pour la semence ».
Biofumigation
Les Lando, d’origine italienne, s’intéressent particulièrement aux méthodes de travail des producteurs agricoles européens. « Ils ont environ une dizaine d’années d’avance, souligne Anthony Lando. On s’inspire d’eux et c’est ce qui fait que certaines de nos pratiques ne sont pas très communes dans les environs. »
C’est notamment le cas pour le travail de sol, dit-il, mais également pour la biofumigation. Depuis quelques années, les maraîchers sèment de la moutarde avant leur culture de carottes pour combattre les nématodes, ces vers parasites du sol qui peuvent causer des déformations au légume racine orangé. « La moutarde est déchiquetée et enfouie dans le sol, explique Anthony Lando. En se décomposant, cela a l’effet d’un biofumigant naturel qui tue les nématodes et les mauvaises herbes. »

Engrais verts
Le producteur participe par ailleurs à deux cohortes, avec son club-conseil en agroenvironnement local, l’une sur la biodiversité et l’autre sur les cultures de couverture. « Dans les cinq dernières années, on a essayé une vingtaine d’engrais verts avec des mélanges différents pour identifier les avantages et meilleures combinaisons possibles », relève Anthony Lando. « Protéger les sols l’hiver, c’est important, surtout pour la terre noire. »
Les pois fourragers – une source d’azote qui permet de réduire l’apport d’engrais chimique –, de même que la moutarde, les radis fourragers et l’avoine sont particulièrement appréciés. « Les engrais verts ont aussi de moins bons côtés, note Mauro Lando. Le fait de ne pas travailler le sol, avant ou pendant qu’ils sont là, laisse place à l’implantation de mauvaises herbes. On a remarqué qu’elles ont augmenté depuis qu’on fait des engrais verts. On devra possiblement augmenter le taux de semis. »
« Il y aura du peaufinage à faire dans les prochaines années », opine son fils Anthony.
Bandes fleuries
Autre signe de la recherche active de nouvelles pratiques : l’aménagement de bandes fleuries, pour attirer les insectes et pollinisateurs, a été expérimenté dans des champs de la ferme l’an dernier. Ce travail se poursuit cette année. Des nichoirs à hirondelles bicolores ont également été installés.
« Tout ça, c’est dans l’optique de réduire notre empreinte écologique et de réduire l’usage des pesticides au minimum », fait valoir Anthony Lando.
