Maraîchers 22 mai 2026

Un objectif de production intensive de patates douces

Cela fait près de 10 ans que Nordany fait de la recherche et développement pour trouver la perle rare permettant de cultiver de façon intensive, au Québec, des patates douces qui répondent aux attentes de son client, le transformateur Maison Russet. 

Ricky Roberge, qui fait venir 64 millions de livres de patates douces des États-Unis par année pour ce transformateur de Huntingdon, en Montérégie, aimerait remplacer les importations par des produits locaux, mais il n’est pas simple de trouver des variétés adaptées au climat canadien.

La patate douce, explique M. Roberge, aime la chaleur et doit habituellement être cultivée sur une période qui varie entre 120 et 160 jours, sans gel au sol, ce que la température locale ne permet pas. Il s’agirait donc de trouver une variété qui se cultive sur 90 jours en générant le rendement souhaité.

Nordany a testé plus de 10 000 variétés de patates douces jusqu’ici, qu’elle a importées du Pérou. De celles-ci, 24 présentent un potentiel suffisant pour que les recherches se poursuivent, mais il reste encore du travail à faire.
Nordany a testé plus de 10 000 variétés de patates douces jusqu’ici, qu’elle a importées du Pérou. De celles-ci, 24 présentent un potentiel suffisant pour que les recherches se poursuivent, mais il reste encore du travail à faire.

Son entreprise a testé plus de 10 000 variétés jusqu’ici, qu’elle a importées du Pérou. De celles-ci, 24 présentent un potentiel suffisant pour que les recherches se poursuivent, mais il reste encore du travail à faire. 

« Une nouvelle variété, ça prend de 7 à 15 ans à voir si elle est bonne ou pas. On a espoir de trouver, mais c’est un très long processus », indique M. Roberge, spécifiant qu’il est possible que les essais se poursuivent encore pendant plusieurs années.

Maison Russet, de Huntingdon, en Montérégie, qui fait des frites avec les patates douces que lui fournit Nordany, ne demande pas mieux que de s’approvisionner davantage au Québec. Surtout que la patate douce est un produit très populaire, selon le président et chef de la direction de Maison Russet, Leopold Moyen. 

« On va avoir des besoins encore plus importants, parce qu’on vient d’ajouter une ligne de production », indique celui qui s’implique aussi dans le projet, en validant la couleur et le taux de sucre des variétés testées par son distributeur, afin de déterminer si elles répondent aux critères recherchés pour faire de bonnes frites.

Des essais chez Delfland

Cet été, les 24 variétés qui appartiennent à Nordany seront toutes testées à la Ferme Delfland, qui dispose des installations et de la main-d’œuvre requises pour s’occuper de la production. Cette ferme de Napierville, en Montérégie, cultive déjà 32 hectares de patates douces par saison destinées au marché de la table, ce qui en fait l’un des plus gros producteurs de ce légume au Québec. L’un des copropriétaires, Guillaume Cloutier, affirme qu’il est possible d’en cultiver à grande échelle ici, mais souhaite trouver plus de variétés qui donnent de bons rendements. 

« On voit de l’avenir dans cette production, mais les variétés, c’est le nerf de la guerre. Ce n’est pas facile à développer », indique-t-il, précisant disposer d’une seule variété qui fonctionne bien en terre noire et d’une autre qui donne des résultats en terres minérales.

« Reposer sur une ou deux variétés, c’est très risqué. Ce qu’on voudrait, c’est en trouver d’autres pour ajouter des cordes à notre arc », souligne celui qui vise à développer, de son côté, la production à grande échelle destinée aux grandes chaînes de supermarchés.