Politique 8 mai 2026

Bœuf et porc : des prix de référence recommandés par le Comité permanent de l’agriculture 

La mise en place d’un système canadien de déclaration obligatoire des prix dans les chaînes d’approvisionnement du bétail, et plus particulièrement du bœuf et du porc, est la première des sept recommandations formulées au gouvernement de Mark Carney par le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, dans un rapport présenté à la Chambre des communes le 29 avril. 

Rappelons qu’un tel système existe depuis 1999 aux États-Unis et que l’industrie canadienne se base sur les prix américains pour négocier au pays, alors que ces prix ne reflètent pas la réalité économique des abattoirs. Le comité estime qu’un système canadien permettrait « de donner aux producteurs des données plus transparentes sur la façon dont les acheteurs canadiens fixent les prix », a-t-on indiqué par voie de communiqué.

Le comité recommande également la mise à jour de la réglementation sur le matériel à risque spécifié, de manière à tenir compte du risque réduit d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) du pays. En effet, les coûts liés au retrait de ces matières représentent un désavantage concurrentiel de 32 M$ par année pour les abattoirs canadiens, comparativement à ceux au sud de la frontière, indique le rapport. Afin d’éviter l’arrêt de toutes les exportations de viande canadienne, comme lors de l’éclosion d’ESB en 2003, le comité préconise aussi l’élaboration d’une approche par zonage entre les provinces et les territoires en cas de maladies à déclaration obligatoire. 

Soutien aux abattoirs

Le comité a également recommandé au gouvernement une série de mesures visant à offrir un soutien accru aux petits et moyens abattoirs. 

Afin de les aider à mieux gérer les fluctuations de leurs revenus, le Conseil canadien des viandes du Canada a suggéré de présenter un programme de soutien basé sur les marges historiques de référence, qui s’apparente à Agri-stabilité pour les producteurs. Le comité a appuyé cette demande pour les abattoirs détenus par des intérêts canadiens. 

Le comité a également voulu mettre en lumière les problèmes d’étiquetage liés à l’utilisation de viande étrangère préalablement congelée dans la transformation canadienne. Il recommande au gouvernement la mise en place d’une méthode transparente d’identification de la viande canadienne, et de la viande étrangère congelée dans l’approvisionnement canadien, sans compromettre les obligations commerciales du Canada. La mesure aiderait également à rendre les petits transformateurs de bœuf plus concurrentiels sur le marché de la vente au détail, alors que la capacité de transformation bovine au Canada est dominée à 85 % par les entreprises JBS et Cargill. 

Le comité souhaite également que des abattoirs sous inspection provinciale puissent vendre leur viande dans d’autres provinces. Il recommande donc l’élaboration d’un protocole en ce sens et qu’un soutien gouvernemental soit attribué à tout abattoir, fédéral et provincial, qui souhaite se conformer aux normes d’abattage fédérales.