Bio 1 mai 2026

Des paniers bio plus variés grâce au maillage entre producteurs

Afin de varier l’offre qu’ils proposent d’une semaine à l’autre aux abonnés de leurs paniers, des producteurs membres du Réseau des fermiers-ères de famille font des échanges entre eux. Pour ces petits maraîchers producteurs de légumes avant tout, trouver des fruits bio pour compléter leurs paniers serait particulièrement intéressant.

« Ce n’est pas nouveau, dit Véronique Bouchard, présidente du Réseau des
fermiers-ères de famille. La collaboration entre producteurs est à la base du succès du Réseau, qui fête ses 30 ans cette année. Il est prévu dans l’entente avec les fermes membres qu’elles peuvent aller chercher 25 % des produits qu’elles offrent dans leurs paniers chez d’autres fermes. On aime bien sûr qu’ils privilégient les autres fermes du Réseau. »

Charles Magny, Daphné Gagnon, Caroline Laurin, Florian Rossignol, Olivia Ravenelle-Noël et Rachel Trottier, membres et employés de la Coop Au bout du rang. Photo : Gracieuseté de la Coop Au bout du rang
Charles Magny, Daphné Gagnon, Caroline Laurin, Florian Rossignol, Olivia Ravenelle-Noël et Rachel Trottier, membres et employés de la Coop Au bout du rang. Photo : Gracieuseté de la Coop Au bout du rang

La Coop Au bout du rang, de Saint-Félix-de-Valois, dans Lanaudière, offre une option « fruits » à ses abonnés, qu’ils peuvent choisir ou non, pour un certain nombre de semaines durant l’été. Selon la saison, des pommes, fraises, framboises, raisins, bleuets, melons et autres, sont achetés chez d’autres fermes pour compléter les légumes du panier.

« Puisque notre concept de paniers permet aux gens de choisir ce qu’ils veulent chaque semaine parmi plusieurs choix, c’est d’autant plus important que nous puissions leur offrir de la variété. On trouve aussi intéressant de mettre en valeur d’autres fermes locales, et d’utiliser nos points de distribution pour vendre plus de produits », explique Caroline Laurin, directrice générale et présidente de la Coop.

La Coop Au bout du rang prévoit chaque année un budget pour les fruits qu’elle achètera chez d’autres producteurs durant la saison. Toutefois, aucune entente n’est passée d’avance.

Ce serait difficile et contraignant d’avoir des contrats d’avance. On l’a déjà fait avec des légumes, mais pour les fruits, on préfère y aller selon ce qui est disponible sur le moment. Le but est de compléter ce qu’on a, selon nos récoltes, et quand on en a besoin.

Caroline Laurin

Parfois, Caroline Laurin dit privilégier le local au biologique, si par exemple le fruit n’est pas disponible en bio à proximité. Bien sûr, les abonnés des paniers sont mis au courant. Cela peut être le cas pour la camerise, par exemple.

Parmi les fournisseurs de fruits de la Coop Au bout du rang se trouve la Ferme Ô Saine Terre, de L’Assomption, qui fait également des paniers de légumes bio pour ses propres abonnés.

Presque un acte militant 

Pour Benoît Duval, propriétaire de la Ferme Ô Saine Terre, la production de fruits est un revenu d’appoint, et presque un acte militant.

« Je trouve important de faire la preuve qu’on peut très bien cultiver des fruits au Québec. Il faut convaincre monsieur et madame Tout-le-Monde qu’il est possible de cultiver de la variété. On n’est pas obligés de produire des bananes, mais on pourrait au moins être autosuffisants en petits fruits et arrêter d’acheter des pommes aux États-Unis. Produire des fruits locaux, ça augmente l’autonomie alimentaire », dit Benoît Duval.

Benoît Duval, propriétaire de la Ferme Ô Saine Terre, vend le surplus de ses fruits à d’autres fermes biologiques. Photo : Gracieuseté de la Ferme Ô Saine Terre
Benoît Duval, propriétaire de la Ferme Ô Saine Terre, vend le surplus de ses fruits à d’autres fermes biologiques. Photo : Gracieuseté de la Ferme Ô Saine Terre

Des fraises, bleuets, raisins, pommes et melons poussent à la Ferme Ô Saine Terre, et surtout, des framboises. Les abonnés aux paniers sont heureux de voir revenir ces fruits, ponctuant les saisons. D’autres fermes en bénéficient également.

« J’essaie d’en faire plus que pour mes besoins. C’est une question de sécurité, et je vends le surplus, dit Benoît Duval. Il m’arrive aussi d’acheter des fruits ailleurs pour compléter mes paniers. Par exemple, avec les pommes, la récolte est belle environ une année sur deux, alors parfois, j’en achète à d’autres vergers pour compléter. »

Attirants 

Selon les producteurs, les fruits sont attirants pour les clients. 

« Les framboises, ça se vend comme des petits pains chauds, dit Benoît Duval. Et quand les gens voient un beau casseau de bleuets, ils repartent contents avec leurs légumes et vont essayer ou redécouvrir des choses qu’ils connaissent moins, comme le navet ou le radis. Au final, ils mangent plus de légumes. »

Les framboises poussent en quantité à la Ferme Ô Saine Terre, qui les propose à d’autres fermes bio du Réseau des fermiers-ères de famille pour compléter leurs paniers. Photo : Gracieuseté de la Ferme Ô Saine Terre
Les framboises poussent en quantité à la Ferme Ô Saine Terre, qui les propose à d’autres fermes bio du Réseau des fermiers-ères de famille pour compléter leurs paniers. Photo : Gracieuseté de la Ferme Ô Saine Terre

Les fermes biologiques se tiennent au courant entre elles des fruits et légumes qu’elles ont en surplus à vendre. Des courriels sont échangés et un fichier électronique est mis en ligne par le Réseau des fermiers-ères de famille, que chacun peut remplir à mesure avec les produits disponibles et les quantités. Un catalogue regroupant les fermes est également disponible et l’entraide est encouragée.

« C’est comme ça que ça fonctionne, un agroécosystème, dans le fond. C’est plein d’organismes vivants qui travaillent en synergie pour produire un écosystème en santé. On essaie de faire la même chose; un écosystème de fermes qui vont contribuer à la santé les unes des autres », dit Véronique Bouchard.