L’enseignante Anne-Marie Maltais explique le projet Bio-Sœurs aux étudiants réunis dans la serre où il a été mené. Photos : Maurice Gagnon
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S'abonner maintenantLA POCATIÈRE – Une vingtaine d’étudiants en gestion d’un établissement de restauration du cégep de Limoilou, campus de Charlesbourg, ont récemment visité la ferme-école de l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ), à La Pocatière, dans le cadre d’un partenariat pédagogique qui dure depuis une quinzaine d’années. Au fil du temps, cette collaboration a permis de rapprocher deux univers intimement liés : la production agricole et la restauration.
« L’objectif, c’est de faire se rencontrer des restaurateurs et des agriculteurs, en partant du principe que ce sont nos cousins germains », résume Éric Bertrand, enseignant au cégep de Limoilou, au Département de gestion hôtelière et de restauration. Chaque année, explique-t-il, les étudiants en agriculture présentent leurs projets, tandis que les étudiants en restauration jouent le rôle d’acheteurs. Les produits sélectionnés sont ensuite intégrés aux menus que ces derniers doivent concevoir dans le cadre de leur formation.
Pour Charles Lépine, enseignant en Gestion et technologies d’entreprise agricole (GTEA), cette visite répond à un besoin concret : « Permettre aux futurs chefs de voir ce qu’il y a en amont, de comprendre d’où viennent les aliments qu’ils cuisinent et de mieux saisir la réalité de l’élevage et des productions agricoles. » Cette année, dit-il, les étudiants du cégep de Limoilou ont acheté pour 4 000 $ de produits issus des projets étudiants.
La visite comprenait un passage par plusieurs installations de la ferme-école, dont la serre biologique, la vacherie conventionnelle, l’atelier vache-veau et l’unité laitière biologique; le tout, avant un moment d’échange informel autour d’un café.
Bio-Sœurs
Parmi les arrêts marquants figurait le projet étudiant Bio-Sœurs, porté par les étudiants de deuxième année en GTEA. La brochure du projet le présente comme une réinvention de la technique ancestrale des Trois Sœurs, consistant à cultiver ensemble du maïs sucré, des haricots grimpants et des melons dans la serre biologique de l’ITAQ. La mission du groupe était de démontrer la rentabilité agronomique des cultures associées, tout en offrant des fruits et légumes biologiques, frais et locaux à la communauté du campus.

En entrevue, Anne-Marie Maltais, professeure en techniques de production horticole, agroenvironnementale et en gestion d’entreprise agricole, et Clément Blais, étudiant en GTEA et coordonnateur du projet, ont expliqué les fondements de cette culture associée. « Le haricot, légumineuse, contribue à enrichir le sol en azote; le maïs agit comme tuteur naturel; et la cucurbitacée (melon) couvre le sol, limitant ainsi la pression des mauvaises herbes. Les trois plantes vont venir se complémenter en symbiose ensemble », résume Clément Blais.
L’objectif n’est toutefois pas seulement symbolique. L’équipe veut comparer cette méthode à des cultures séparées afin de mesurer rendement, qualité, proportion de produits vendables et besoins en fertilisation. Anne-Marie Maltais parle d’un essai « exploratoire », riche en apprentissages, malgré plusieurs défis d’adaptation en serre, notamment la vitesse de croissance des haricots et la pollinisation manuelle du maïs.
Au-delà des résultats, cette initiative illustre bien la portée du partenariat entre l’ITAQ et le cégep de Limoilou : former des diplômés capables de travailler ensemble, du champ à l’assiette. Comme le souligne Éric Bertrand, même si les volumes achetés demeurent modestes, cette démarche peut « faire la différence » en cuisine et contribuer, à long terme, à renforcer les circuits courts et l’achat local.