Petits fruits 1 mai 2026

Le malheur des autres profite aux producteurs de bleuets sauvages du Québec

Les producteurs de bleuets sauvages du Québec sont les seuls en Amérique du Nord et en Europe à ne pas avoir connu des récoltes désastreuses en 2025, ce qui s’avère profitable pour eux. Car en plus d’avoir obtenu des rendements dans la moyenne, la saison passée, des prix propulsés vers le haut leur sont accordés en raison d’une rareté sur les marchés mondiaux. 

« Malheureusement, on profite du malheur des autres », constate le président des Producteurs de bleuets ­sauvages du Québec, Nicolas Pedneault. Sans se réjouir des mauvaises récoltes obtenues par ses confrères des provinces maritimes, de l’État du Maine et de l’Europe, ce dernier admet que les bons prix découlant des stocks à la baisse font du bien, après quelques années de mauvais prix générés par des surplus de production.

Si les producteurs se voient déjà accorder une avance satisfaisante, selon M. Pedneault, ce dernier a bon espoir que les prix pour la saison 2025 soient encore ajustés à la hausse, d’ici le mois d’août. 

De son côté, le président du groupe Bleuets sauvages du Québec, Jean-Pierre Senneville, qui achète les bleuets des producteurs, est plus prudent dans ses prédictions. L’avance oscillant autour de 1 $ la livre qui est versée est déjà bien plus élevée que la moyenne des 20 dernières années, dit-il, laquelle est plutôt de 0,75 $ au Québec.

« On verra pour l’ajustement, mais c’est certain que la demande a été beaucoup plus forte que l’offre, sur les marchés, dans la dernière année », concède celui qui exploite quatre usines de congélation, dont trois au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Il précise que des épisodes de sécheresse dévastateurs pour les producteurs de l’État du Maine et des Maritimes ont généré des pertes d’environ 100 M$ en un mois à l’échelle de l’industrie nord-américaine. 

« En septembre, on a fini autour de 225 millions de livres produits, au total, dans l’industrie, alors que normalement, ça tourne plutôt autour de 320 millions de livres », détaille M. Senneville.

Au Québec, la sécheresse et la chaleur ont aussi eu des répercussions sur le calibre et le rendement de bleuets sauvages, mais de façon beaucoup moins marquée.