Selon le Syndicat des travailleurs de l’usine Olymel de Drummondville, des lignes complètes de production pour le bacon précuit et le bacon en vrac pour les restaurants ont été transférées à Cornwall, en Ontario. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantLe syndicat des employés de l’usine de transformation Olymel de Drummondville dénonce ce qu’il considère être une délocalisation progressive des activités de transformation de bacon vers l’usine d’Olymel à Cornwall, en Ontario.
La différence salariale des employés entre les deux installations expliquerait la situation, selon le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Bacon-Inter-America, affilié à la CSN. « Dans nos dernières négociations en 2023, on a obtenu un salaire plus élevé, autour de 28 $ l’heure, contrairement à 24-25 $ l’heure du côté de Cornwall », affirme la présidente du syndicat, Mélanie Cloutier. Depuis, elle dit constater une diminution de la production à Drummondville, notamment avec la fermeture de deux lignes de production de soir pour le bacon en vrac, et, dernièrement, la mise à pied pour une durée indéterminée d’une trentaine d’employés par liste d’ancienneté, dont 25 travailleurs étrangers temporaires (TET). « Si on lit entre les lignes, on comprend qu’ils favorisent l’usine là-bas [en Ontario] pour faire plus de profits », interprète-t-elle.

Une question de saisonnalité, soutient Olymel
Olymel confirme qu’il y a bien eu une baisse de production, il y a deux ans, à l’usine de Drummondville, pour optimiser la production de bacon en vrac en concentrant les activités aux installations de Cornwall, indique Stéphanie Couturier, vice-présidente des communications chez Olymel. Or, elle ajoute que les récentes mises à pied temporaires d’une trentaine d’employés sur les 320 que compte l’usine de Drummondville ne sont pas liées à cela. Elle les explique plutôt par la saisonnalité des ventes de bacon, « qui diminue toujours de février à avril », soutient-elle en entrevue avec La Terre. « Normalement, à l’approche de la saison estivale, notre volume de production revient à la hausse. C’est pour ça qu’on a bon espoir de pouvoir ramener ces employés-là. Sinon, on leur aurait offert d’être relocalisés dans nos autres installations, car nos TET, on les apprécie, on les traite bien, on a souvent milité en faveur d’une meilleure prévisibilité pour eux, par rapport aux règles gouvernementales », mentionne-t-elle.
On anticipe que la production va revenir à la hausse prochainement, donc on peut envisager de rappeler ces employés-là.
Notons que ces travailleurs étrangers temporaires ont les mêmes avantages sociaux que les employés réguliers, et qu’ils ont aussi droit au chômage dans de telles circonstances, précise Mme Couturier. Elle reconnaît par ailleurs que les salaires des employés sont effectivement moins élevés du côté de l’usine ontarienne, « chaque usine ayant sa propre convention collective », précise-t-elle.