Ovins 24 avril 2026

Une étude pour mesurer l’effet du stress thermique sur les moutons

Le Centre d’expertise en production ovine du Québec (CEPOQ) vient d’obtenir une subvention de 125 000 $ pour réaliser une étude qui chiffrera les effets du stress thermique sur les performances des troupeaux ovins de diverses races, à l’échelle provinciale.

Jean-Michel Beaudoin
Jean-Michel Beaudoin

Le projet est financé par le Programme innovation bioalimentaire du gouvernement du Québec, en partenariat avec le gouvernement fédéral. Il s’étalera sur une période de trois ans qui sera suivie d’une quatrième année consacrée au transfert de connaissances. « Les effets des canicules sur les moutons étaient connus. Certaines solutions sont d’ailleurs déjà documentées et disponibles – pour l’alimentation et la ventilation – mais encore aucune étude n’a chiffré concrètement la baisse de performance des troupeaux ovins du Québec », explique Jean-Michel Beaudoin, chargé de projet au CEPOQ. Mesurer les effets sur la reproduction et sur le gain de poids, traduire les pertes de productivité en données financières, estimer l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre liées à la perte d’efficacité des animaux, ou vérifier si les indices de stress actuels sont applicables aux moutons, particulièrement pour les races locales issues de climats froids (comme de l’Europe ou de la Russie), qui tolèrent mal les canicules, sont parmi les aspects qui seront évalués dans ce projet, énumère M. Beaudoin, en entrevue avec La Terre.

Pour ce faire, l’équipe du CEPOQ utilisera les données de performance des cinq dernières années provenant d’une centaine de fermes, à partir de la base de données GenOvis (un programme d’amélioration génétique coordonné par le CEPOQ) et fera un croisement avec les données des stations météorologiques locales. « On fera également un suivi direct de deux fermes commerciales, une avec une ventilation mécanique, l’autre avec ventilation naturelle, pour s’assurer que la température réelle à l’intérieur des bâtiments concorde avec les données météo extérieures », précise M. Beaudoin.

Le projet vise ainsi à passer du constat anecdotique de l’effet thermique à une quantification scientifique pour mieux préparer l’industrie ovine québécoise aux étés de plus en plus chauds.