Sylvain Laurent subit des pertes financières depuis 2024 en raison d’un ponceau obstrué. Une situation qu’il aurait pu corriger lui-même depuis longtemps, dit-il, mais le fait que le ponceau appartienne à une compagnie ferroviaire complexifie le processus. Photo : Gracieuseté de Sylvain Laurent
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S'abonner maintenantSylvain Laurent regarde une fois de plus l’eau s’accumuler sur ses terres de Maskinongé, en Mauricie, en raison d’un ponceau encore obstrué qui appartient à la compagnie ferroviaire Chemins de fer Québec-Gatineau.
« C’est parmi mes plus beaux morceaux, des terres drainées, mais qui se font noyer à cause du ponceau bouché. J’ai perdu au-dessus de 90 000 $ en rendement depuis 2024. Quand j’appelle la compagnie de chemin de fer, ils me chantent les mêmes chansons en me disant qu’ils font leur possible. J’ai l’impression de me faire tellement niaiser », dit le producteur.
L’orge qu’il a semée en 2024 a été une perte totale en raison de l’excédent d’eau.
Il y avait trois pieds d’eau dans le champ. L’assurance récolte a payé, mais pas pour tout. Dans le maïs-grain, j’ai eu de 2,5 à 5 tonnes à l’hectare de moins. C’était vraiment plus mou, on faisait des traces et on calait avec les tracteurs .
De l’amélioration, mais…
Contactée par La Terre, la compagnie ferroviaire Chemins de fer Québec-Gatineau dit avoir effectué des travaux de nettoyage du ponceau en août 2025, afin d’en retirer les sédiments accumulés. « La plus récente inspection a démontré une amélioration significative de l’écoulement de l’eau en aval du ponceau », souligne Tom Ciuba, porte-parole de la compagnie. L’agriculteur rétorque qu’il reste de la pierre et des matières qui obstruent encore le ponceau et crée un débordement sur ses terres.

M. Laurent affirme avoir contacté, en vain, la municipalité régionale de comté (MRC) de Maskinongé ainsi que sa municipalité. « Je croyais qu’il avait un certain pouvoir, mais le maire a dit qu’il ne pouvait rien faire. C’est incroyable qu’en 2026, personne ne puisse prendre le téléphone pour régler un problème de pont bouché qui cause préjudice », s’exclame-t-il, exaspéré.
La MRC de Maskinongé indique à La Terre qu’elle ne peut pas intervenir directement sur une infrastructure appartenant à une compagnie ferroviaire, spécifiant qu’elle entend faire appliquer son Règlement régissant les modalités relatives à l’écoulement des eaux des cours d’eau. Une inspection conjointe du ponceau est d’ailleurs prévue à la fin mai avec la compagnie ferroviaire et le ministère des Transports et de la Mobilité durable pour évaluer si d’autres actions sont nécessaires. « La compagnie de chemin de fer me dit qu’ils vont revenir voir ça le 28 mai. Voyons, les semis seront pratiquement terminés! Les sorties de drains sont noyées dans l’eau. Ça va prendre une semaine et demie de plus qu’ailleurs pour sécher ces champs pour qu’on puisse semer. Ça fera perdre du rendement. Et s’il y a un gros coup d’eau après les semis ou dans l’été, le champ sera encore noyé. Ils vont m’étirer ça jusqu’à l’automne et je vais encore subir les pertes », appréhende-t-il.