Le blé d’automne de Guillaume Gendron et de son frère affiche une excellente survie à l’hiver, comme en témoigne cette photo prise le 21 avril. Photo : Guillaume Gendron
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S'abonner maintenantLe couvert de neige stable et persistant d’un hiver particulièrement robuste a donné espoir à plusieurs producteurs que la survie du blé d’automne serait excellente, ce qui est bien le cas, mais par endroits seulement.
À Huntingdon, au sud de Montréal, Marie-Claude De Martin estime que 95 % de ses 80 hectares en blé d’automne a survécu. L’an passé, c’est 100 % de la population qui avait survécu, et cette année, le résultat est tout de même très satisfaisant, dit la productrice de grains. Elle remarque qu’en Montérégie, certains champs affichent des trous sans reprise de blé. « Ce n’est pas beau partout », assure-t-elle.
Un peu plus loin, à Saint-Anicet, Guillaume Gendron vient justement d’effectuer le décompte de ses populations de blé d’automne. « On n’est pas à 100 %, mais pas loin. On est agréablement surpris », commente-t-il, avançant l’hypothèse que le sol a gelé tôt, ce qui aurait empêché l’eau de s’y accumuler. « Sauf dans les zones plus basses », précise-t-il. En trois ans, il s’agit de la meilleure survie à l’hiver, estime M. Gendron.

Toujours en Montérégie, à Sainte-Martine, Pier-Hugues Seers n’a pas eu la même chance. « C’est notre sixième année qu’on fait du blé d’automne et c’est la première fois qu’on a autant de mortalité. Sur 70 hectares, j’en ai 34 ha de scrap, avec 15 à 20 % de survie. Et c’est un champ qui a été nivelé deux fois. Je pense que c’est la dernière semaine de grosses pluies au printemps suivies du gel qui a fait ça, car après la fonte des neiges, on avait été marcher le champ et tout était vivant. »
Si le printemps est précoce et que les semis s’effectuent avant le mois de mai, il tentera peut-être de resemer le champ avec du blé de printemps, mais fort probablement qu’il optera plutôt pour du soya, car le prix des engrais le décourage d’y semer du maïs. Les 36 hectares restants de blé d’automne ne sont ni trop forts, ni trop morts. « Je pense qu’on va l’endurer quand même », se résout M. Seers.
Sur la rive nord du fleuve, un producteur de L’Assomption, dans Lanaudière, fait état d’un champ avec un taux de survie de 100 %, tandis qu’un agriculteur de Portneuf, dans la Capitale-Nationale, rapporte un taux de survie de 75 %.
Même son de cloche pour le seigle d’automne. « J’ai du seigle comme plantes de couverture. Il est plutôt bien, sauf dans les zones plus basses qui s’égouttent moins bien. La survie moyenne doit être de 70 % », estime Jocelyn Michon, près de Saint-Hyacinthe.