Le conflit de travail a complexifié l’approvisionnement des magasins Metro, dont certaines tablettes de légumes étaient encore dégarnies, la semaine du 20 avril, malgré l’aide de grossistes pour la distribution. Photo : Ariane Desrochers/TCN
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S'abonner maintenantLe conflit de travail au centre de distribution de fruits et légumes de Metro, qui perdure depuis plus de trois semaines, perturbe les activités de producteurs de légumes de serre du Québec. Les uns connaissent des difficultés sur le plan de la coordination, alors que les autres ne reçoivent tout simplement plus de commandes de la part de cet important client.
« Ce n’est pas simple. C’est une gymnastique assez difficile », a témoigné le président de Cultures Gen V, à Mirabel, Sylvain Terreault, le 22 avril.
Le printemps est une période de l’année où il livre de très grandes quantités de laitues, de concombres libanais, de tomates et de poivrons aux grandes chaînes de détaillants alimentaires, dont Metro, l’un de ses plus gros acheteurs. L’arrêt des activités du centre de distribution de fruits et légumes à Laval, qui approvisionne des centaines de magasins Metro et Super C, représente donc un défi logistique pour qu’un fournisseur comme lui écoule ses produits.
Du jour au lendemain, des commandes ont été annulées ou déplacées, ce qui a entraîné beaucoup de confusion, a aussi raconté Steve Bertrand, des Serres Leciel.

Des grossistes prennent la relève
La situation s’est ensuite améliorée lorsque des grossistes ont pris la relève pour aider Metro à distribuer ses produits, mais la solution trouvée n’est pas optimale. « Les grossistes ne peuvent pas pallier complètement, donc il y a quand même du refoulement; ça vient perturber les opérations », a précisé M. Terreault.
Dans certaines catégories de produits moins traditionnelles, les commandes ont été suspendues complètement en attendant que le conflit de travail se règle, a constaté Steve Bertrand, dont la production de champignons a été délestée, de même qu’une partie des radis et des tomates de spécialité. « Il y a des produits qui ont été jugés prioritaires; d’autres, moins », a observé le serriculteur.
Aucune commande depuis des semaines
Cela fait plusieurs semaines qu’un petit producteur de légumes de niche en bâtiment fermé ne vend plus rien chez Metro, son plus gros client. Comme ses récoltes sont abondantes à cette période de l’année et qu’il a été incapable d’écouler ses surplus ailleurs, le directeur général de l’entreprise, qui n’était pas autorisé à accorder d’entrevue sur le sujet, a confié avoir eu beaucoup de pertes avant de réduire la production au maximum par la suite, en se croisant les doigts pour que le conflit se règle rapidement.
« Ça commence à faire mal, a-t-il affirmé. Notre chiffre d’affaires a diminué de moitié depuis le début de la grève. »
De son côté, Steve Bertrand est parvenu à vendre tous ses produits qui n’étaient plus achetés par Metro, car la demande, du côté des autres détaillants, a bondi. « Ç’aurait pu être problématique pour nous, mais finalement, les autres nous en prennent plus. Depuis qu’il manque de légumes chez Metro, on dirait que les ventes se sont déplacées, peut-être parce que la clientèle va ailleurs. »
Chez Metro, la porte-parole Geneviève Grégoire a assuré que l’approvisionnement s’était amélioré depuis qu’un plan de contingence avait été établi, mais elle a reconnu que celui-ci avait des limites. Elle a invité les producteurs touchés par le conflit de travail à communiquer avec le détaillant alimentaire pour trouver des solutions.