Des visites à la ferme sont organisées par l’organisme École-O-Champ. Photo : Gracieuseté d’École-O-Champ
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S'abonner maintenantÉcole-O-Champ souffle 10 bougies en 2026, mais l’avenir est incertain pour cet organisme sans but lucratif qui initie des élèves du primaire et du secondaire à l’agriculture. Des enjeux de financement sont en cause.
« On est en mode survie, alors qu’on devrait plutôt agrandir l’équipe et être présents dans de nouvelles régions, affirme la directrice générale, Rébecca Paquet. Il y a de la demande, mais on est coincés. On n’a pas d’argent pour développer. »
Selon sa directrice, École-O-Champ a rejoint près de 89 000 jeunes en 2024-2025, par le biais de ses différentes activités et projets. « On offre par exemple des activités aux élèves du primaire, où on parle de sciences agricoles et du parcours des aliments, de la terre à l’assiette, explique Mme Paquet. C’est présenté de façon ludique et c’est aligné avec le curriculum scolaire. »
Des visites à la ferme sont également organisées. Ces activités sont offertes grâce à un réseau d’animateurs pigistes et d’agriculteurs ambassadeurs répartis dans différentes régions. École-O-Champ permet également aux jeunes du secondaire de découvrir les carrières du secteur agroalimentaire.
Cet organisme basé à Oka, dans les Laurentides, est en outre présent dans les différentes foires agricoles de la province.
On fait de gros miracles avec un budget annuel de 350 000 $.
Or, se désole-t-elle, le financement est devenu un enjeu, notamment en raison des coupes réalisées dans le secteur de l’éducation. Celles-ci ont une incidence sur les inscriptions des écoles aux activités de l’organisme.
Manque de reconnaissance
La directrice affirme qu’École-O-Champ et sa mission demeurent méconnus. Selon elle, plusieurs croient, à tort, que l’organisme profite d’un soutien gouvernemental récurrent. Mais son financement provient des activités organisées, des dons reçus et des partenariats développés.
Rébecca Paquet s’explique mal pourquoi École-O-Champ peine à trouver écho dans les milieux politiques. « Il n’y a même pas de place à la discussion, dit-elle. Une aide de 1,5 M$ a récemment été accordée à AgrÉcoles. Mais il n’y a pas eu d’appel de projets. C’est décevant. Cette enveloppe aurait pu être partagée entre les organismes avec des missions similaires. »
École-O-Champ est né en 2016 du projet de deux étudiants de l’Université McGill. S’il n’en tient qu’à la directrice, l’organisme souhaite poursuivre son développement, mais il est actuellement « à la croisée des chemins ». « Soit on réussit à percer ou ça s’arrête », déclare-t-elle.
Le cabinet du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Donald Martel, soutient que le montant reçu par AgrÉcoles était le fruit du renouvellement d’une aide financière gouvernementale en place depuis 2019. Le cabinet mentionne également avoir rencontré École-O-Champ le 13 avril. « Le ministre demeure très ouvert à rencontrer les organismes ayant une mission porteuse pour le secteur et il est toujours très à l’écoute du milieu. Nous n’avons jamais refusé de rencontre avec École-O-Champ. Une première demande officielle de rencontre a d’ailleurs été reçue [le 8 avril], bien que le ministre ait déjà eu l’occasion d’échanger avec leurs représentants lors d’événements de l’industrie. Il est toujours prévu qu’une rencontre [avec le ministre] ait lieu », a indiqué le cabinet.
Avec la collaboration de Myriam Laplante El Haïli