Acériculture 17 avril 2026

Plus cher d’électricité que prévu pour son nouvel évaporateur

Steve Therrien a fait le saut en recevant sa facture d’hydroélectricité au mois de mars. Celle-ci s’élevait à 4 200 $, dont 1 400 $ seulement pour ce qu’Hydro-Québec nomme l’appel de puissance. 

L’acériculteur de Frontenac, à côté de Lac-Mégantic, a fait installer un évaporateur électrique neuf pour sa saison 2026, afin de bouillir l’eau de ses 46 000 entailles. « On nous disait qu’on pouvait compter 10,2 sous du kilowattheure (kWh) comme tarif, c’est-à-dire 6 ou 7 $ par baril de sirop [produit], mais quand ils te disent ça, ils ne comptent pas les pics de puissance, car ça fait plutôt 16 sous le kWh et  de 13 à 14 $ le baril. Ça augmente mon coût de presque 50 % », déplore-t-il. 

Ce qui l’agace avec le frais de puissance est surtout relié au fait que durant la période de facturation, soit entre la mi-février et la mi-mars, les érables ont peu coulé, de sorte qu’il n’a utilisé ses équipements que cinq jours. Or, un appel de puissance, même s’il survient une fois dans le mois, est facturé pour l’ensemble du mois.

 Je me ramasse avec une grosse facture de puissance entre la mi-février et la mi-mars pour peu de production, après pour la mi-mars à la mi-avril ce sera correct, car on fera 300 barils, mais ensuite, pour la mi-avril à la mi-mai, je vais avoir le même problème. On ne fera pas de sirop longtemps et j’aurai encore une facture pour un gros pic de puissance de quelques jours. Ce serait plus équitable si on payait seulement nos pics de puissance pour les journées utilisées.

Steve Therrien

Hydro-Québec répond que les agriculteurs bénéficient du tarif résidentiel pour leurs opérations, lequel est généralement plus avantageux que les autres tarifs commerciaux. Les producteurs dont l’utilisation excède une puissance de 50 kilowatts (kW) se retrouvent dans la tarification DP (domestique puissance) qui, en plus des kilowattheures, facture la puissance, c’est-à-dire l’utilisation maximale d’électricité. Hydro estime qu’il est équitable que ses clients utilisant plus de puissance que les autres payent plus cher, car leur fournir davantage de puissance commande des infrastructures plus importantes de transport et de production d’électricité. 

La facturation de la puissance constitue aussi un incitatif à faire une gestion efficiente de sa consommation, souligne Cendrix Bouchard, conseiller stratégique en communications chez Hydro-Québec. Selon lui, si les acériculteurs veulent diminuer leur puissance facturée, ils peuvent travailler à réduire les pointes par le séquençage des équipements qui consomment le plus, c’est-à-dire de ne pas faire fonctionner les plus énergivores en même temps.  

Plusieurs acériculteurs concernés

Steve Therrien n’échangerait pas son nouvel évaporateur électrique, qui est plus efficace et qui diminue son coût de production comparativement à son ancien système au mazout. Celui qui a augmenté son nombre d’entailles et grossi ses infrastructures constate qu’un bon nombre d’acériculteurs – même ceux qui ne disposent pas d’un évaporateur électrique – dépassent les 50 kW de puissance en raison en autres de la consommation d’électricité du concentrateur à osmose inversé et des pompes du réseau de tubulure.

Il croit que la société d’État devrait changer la tarification de l’appel de puissance aux acériculteurs, puisqu’ils utilisent principalement leurs équipements lorsque la température est au-dessus du point de congélation et donc, hors des grandes périodes de demande d’électricité.