Dans le cadre de la course à la direction de la CAQ, Christine Fréchette, a rencontré les membres du conseil général de l’Union des producteurs agricoles, le 17 mars. Photo : François Démontagne/UPA
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S'abonner maintenantLe 12 avril, Christine Fréchette a remporté la course à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) avec 57,9 % des voix contre son opposant Bernard Drainville. Le remboursement de la taxe carbone aux agriculteurs a été au cœur du discours de la première ministre désignée.
« Alléger la pression, ça veut dire notamment qu’on va vous simplifier la vie, parce que votre temps, il est précieux. Et ça, ça prend un gouvernement qui va vous aider. Moins de lourdeur, plus de simplicité, c’est ça que ça prend. Et ça, ça passe notamment par une réduction du coût de votre panier d’épicerie. Ça passe aussi par le fait de garnir le carnet de commandes de votre entreprise, par le fait de réduire la paperasse, rembourser la taxe carbone pour les agriculteurs. Et surtout, on va prendre soin de ce que vous vivez. Parce qu’il faut se le dire, il y a de l’incertitude sur l’avenir », a mentionné Mme Fréchette.
Pendant la course, la candidate s’était engagée à un remboursement permanent de la taxe carbone aux agriculteurs de tous les secteurs de production, afin, selon elle, de cesser d’être désavantagés « par rapport à leurs concurrents ailleurs au pays ».
Durant son discours d’une vingtaine de minutes, la nouvelle première ministre – qui sera assermentée le 15 avril – a souligné à deux reprises l’importance du secteur agricole, en le décrivant notamment comme un secteur clé de l’économie québécoise. « Il va falloir aussi propulser notre économie, exploiter nos ressources intelligemment, innover, soutenir les entreprises québécoises, surtout les PME. Il faut le faire dans des secteurs clés du Québec, comme l’agriculture, les technologies, la culture », dit celle qui assurait la fonction de ministre de l’Économie jusqu’au déclenchement de la course à la direction du parti.
La députée de Sanguinet, en Montérégie, a également dit vouloir rebâtir la confiance des Québécois en soutenant « nos régions, nos agriculteurs, nos entrepreneurs, pour que les Québécois puissent réussir ici, chez nous ».
Promesses
Au cours de la course à la direction, Christine Fréchette a également proposé d’aider la relève agricole en rehaussant de 30 % le Programme d’appui financier à la relève agricole de La Financière agricole du Québec. L’aide maximale, actuellement de 50 000 $, serait donc portée à 65 000 $. Elle s’est aussi engagée à réduire la paperasse, à renforcer la Stratégie nationale d’achat d’aliments québécois, à augmenter les cibles d’achat local des institutions et à les rendre obligatoires.
Au lendemain de l’élection, l’Union des producteurs agricoles (UPA) a dit s’attendre à ce que la nouvelle première ministre tienne ses promesses, notamment en ce qui a trait au remboursement de la taxe carbone. L’organisation dit aussi avoir des « attentes considérables » en ce qui concerne « les budgets agricoles (actuellement moins de 1 % des dépenses de l’État alors que la moyenne mondiale est de 2 %), la protection des intérêts agroalimentaires du Québec dans les accords commerciaux, et le soutien accru pour les régions périphériques et l’agriculture de proximité ». « Des mesures visant à mieux contrôler la fiscalité foncière agricole, à réduire le coût du financement de la dette à long terme des entreprises et à appuyer la Fiducie UPA-Fondaction sont aussi requises », a indiqué l’UPA par voie de communiqué.
Les Agricultrices du Québec ont souligné l’accession d’une femme au poste de première ministre du Québec. « Comme organisation féministe, on trouve important de reconnaître la présence des femmes dans ces hautes fonctions de décision. Elle contribue à rendre le pouvoir plus représentatif et à ouvrir la voie pour celles qui suivront », a fait valoir l’organisation sur sa page Facebook.
Rappelons que seuls les membres de la CAQ a ont été invités à élire la nouvelle cheffe et successeure de François Legault, le 12 avril. Christine Fréchette sera donc première ministre du Québec jusqu’à l’élection générale prévue en octobre 2026.
Pas d’incidence sur le cheminement du RPAE
Le 8 avril, en prévision du changement à la tête de la Coalition avenir Québec, le conseil des ministres a mis fin à la session parlementaire en prorogeant l’Assemblée nationale. Si la procédure fait habituellement mourir des projets de loi qui n’ont pas obtenu la sanction royale, elle n’aura pas d’incidence sur le cheminement de projets de règlement comme celui sur les pratiques agroenvironnementales (RPAE). La période de consultation de ce projet a pris fin le 10 avril. Il sera par la suite analysé, ajusté légèrement au besoin, soumis au Conseil des ministres pour adoption finale, puis publié dans la Gazette officielle du Québec, afin d’entrer en vigueur selon les modalités prévues. Le porte-parole du ministère de l’Environnement, Louis Potvin, a toutefois souligné à La Terre que, comme pour toute décision gouvernementale, l’adoption d’un règlement demeure tributaire des priorités et du calendrier du gouvernement. « Il est donc possible que certaines étapes s’échelonnent dans le temps », a-t-il mentionné.