Depuis le 1er avril, le seuil maximal que la Financière garantit sur une marge de crédit consentie par une institution financière est passé de 500 000 $ à 1 M$. Crédit : Archives/TCN
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S'abonner maintenantLa Financière agricole du Québec (FADQ) a bonifié certaines initiatives, afin de permettre aux producteurs qui se sentent étouffés par la hausse du coût des intrants ainsi que par l’augmentation du coût des animaux d’avoir accès à davantage de liquidités pour gérer les activités de la ferme.
D’une part, le seuil maximal que la Financière garantit désormais sur une marge de crédit consentie par une institution financière est passé de 500 000 $ à 1 M$. Cette initiative, qui permet d’avoir accès à un financement à court terme plus élevé, limite également le taux maximal d’intérêt que l’institution peut facturer au taux préférentiel majoré de 2 %. Par souci de réduction des démarches administratives, la FADQ a mentionné à La Terre que la gestion de cette initiative est prise en charge par l’institution financière choisie par le producteur.
La Financière a également réduit les frais exigibles lors de modifications sur un prêt. Alors que les frais étaient jusqu’alors facturés à la pièce, ils sont remplacés par des frais uniques, appliqués lors de la délivrance d’un certificat de prêt. « Tout au long de la vie du prêt, aucune facturation additionnelle ne sera requise, lors de modifications au certificat », a-t-on indiqué à La Terre.
Dans le cadre du programme Protection contre la hausse des taux d’intérêt consacré à la relève, Sécuri-Taux Relève, la FADQ a fixé le seuil de déclenchement de la protection à 5 % pour les deux prochaines années. Concrètement, en cas de hausse des taux jusqu’au 31 mars 2028, la portion d’intérêt excédant 5 % sera assumée par la Financière jusqu’à concurrence de 500 000 $. Près de 2 300 entreprises de la relève bénéficient annuellement de cette protection, selon la FADQ.
Par ailleurs, les coopératives de travail et de solidarité sont désormais admissibles aux programmes Protection contre la hausse des taux d’intérêt (qui couvre 60 % des intérêts excédant 8 %) et Investissement croissance durable (qui vise notamment à rembourser des frais d’intérêt liés à un financement garanti par la FADQ et l’achat d’équipement de production et de machinerie non autotractée).
Bonne idée« plaster »
Les producteurs sondés par La Terre accueillent favorablement l’initiative de la Financière d’accroître sa garantie sur les marges de crédit jusqu’à 1 M$. À court terme, cela aidera les producteurs, mais ils estiment qu’à long terme, ces bonifications pourraient accentuer l’endettement des fermes. « Ce n’est pas une aide directe dans le fond, c’est juste un plaster qu’on met en espérant que la situation se replace et on verra plus tard », a mentionné le producteur de grains biologiques Pierre Gauthier, au Témiscamingue.

Garantir 1 M$ n’est pas suffisant pour l’éleveur Michel Daigle, dont le prix des veaux qui remplissent son parc d’engraissement en Montérégie a atteint 4 400 $ par tête, récemment. « Pour quelqu’un qui vient de démarrer ou qui n’a pas beaucoup de garanties à offrir, ça doit être un outil précieux. Mais pour les parcs d’engraissement qui font 1 000 têtes et plus, à plus de 4 000 $ le bouvillon, c’est 4 M$ que ça prend juste pour acheter les bœufs », dit-il en précisant être parvenu à obtenir un prêt chez Financement agricole Canada en mettant une ferme en garantie.