Benoît Fontaine, président des Éleveurs de volailles du Québec, ne cache pas sa satisfaction de voir une modification dans le calendrier de l’attribution des quotas de dindons. Photo : EVQ – Denis Germain
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S'abonner maintenantMême si la production de dindons au pays a connu une baisse substantielle en 2025, passant de 158,6 à 139,3 millions de kilogrammes, l’heure est à l’optimisme chez les éleveurs.
C’est l’annonce en mai 2025 d’une entente entre Exceldor et Sofina Foods à propos de la vente des actifs de la coopérative québécoise qui s’est avérée un point décisif, selon Benoît Fontaine, président des Éleveurs de volailles du Québec (EVQ).
« L’ambiance était maussade en début d’année. Les deux principaux clients, Exceldor et Olymel, ne voulaient pas acheter la production au complet, disant qu’il n’y avait pas assez de demandes pour cette protéine sur le marché. Et tout a changé avec l’arrivée de Sofina, qui est très actif dans le dindon au niveau du Canada. Olymel a même sorti un nouveau produit, une poitrine marinée à l’érable, et on me dit qu’il réserve une surprise sur le BBQ pour cet été », indique l’éleveur de Notre-Dame-de-Stanbridge.
Ce sont essentiellement des cas d’influenza aviaire, recensés en Colombie-Britannique et en Alberta, mais aussi en Ontario, qui expliquent la baisse de production l’année dernière au pays.
En raison de cette situation, une augmentation de la production de 4 % a été décidée afin de regarnir les stocks pour l’année 2026-2027, et ce pourcentage pourrait être revu à la hausse si les consommateurs sont au rendez-vous.
À cet effet, le président des EVQ ne cache pas sa satisfaction de voir une modification dans le calendrier de l’attribution des quotas de dindons. « Ça se passe toujours du 1er mai au 30 avril. Ça fait 20 ans que les éleveurs disaient que ça ne fonctionnait pas. À partir de 2027, on va commencer à allouer les quotas à partir du 1er juillet, ce qui va nous permettre d’avoir un meilleur aperçu de la situation après les fêtes de Noël et de Pâques. » Exceptionnellement, donc, les producteurs de dindons au pays fonctionneront avec un calendrier de 14 mois durant l’année en cours.
L’optimisme des éleveurs est aussi attribuable aux résultats des campagnes visant à faire entrer le dindon dans le menu des consommateurs, en dehors des périodes traditionnelles de Pâques, l’Action de grâces et Noël.
La recette de dinde cuite à l’envers de Sœur Angèle a connu un franc succès dans les médias en décembre dernier, et un des épisodes de la nouvelle série d’émissions Du Québec au ventre, animée par Nathalie Simard et diffusée à TVA en 2026, sera consacré au dindon.
« La tendance à moyen et long terme avec le dindon va aller sur le transformé, prévoit le président des EVQ. Il va toujours y avoir un marché pour la dinde en sac, la reine de Noël au centre de la table, mais l’avenir est aux découpes. »

Moins de 35 ans et nouveaux arrivants
Le marché du dindon est mûr et la croissance peut être graduelle, souligne pour sa part Adam Power, directeur exécutif des Éleveurs de dindons du Canada (EDC). « Les changements démographiques, les ménages plus petits et l’évolution des habitudes en matière de repas ont influé sur la demande, en particulier dans les types de dindons que choisissent les consommateurs. Nous constatons un intérêt croissant pour les petites portions, la commodité et les produits à valeur ajoutée, comme le dindon haché, diverses coupes de viande de poitrine et les rôtis », explique-t-il.
L’Action de grâces et Noël demeurent néanmoins des moments clés pour la consommation de dindon au pays. À l’Action de grâces 2025, les Canadiens ont acheté 2,1 millions de dindons entiers, ce qui représente environ 36 % de tous les dindons entiers vendus au cours de l’année. Et à Noël 2025, ils ont acheté 2,6 millions de dindons entiers, soit environ 45 % des ventes annuelles de dindon entier.
Selon une étude de l’EDC, la viande de dindon commence à entrer dans les habitudes de consommation de deux segments importants de la population, soit les moins de 35 ans et les nouveaux arrivants. « C’est une tendance positive, souligne Adam Power. Nous recevons également des commentaires positifs de la part des détaillants en alimentation, qui constatent un intérêt accru et une demande en hausse pour des produits à valeur ajoutée, notamment le dindon haché, les hamburgers et les saucisses de dindon. »
« La viande de dindon est en train de se positionner dans le marché. Je parle à mes collègues ailleurs au pays et l’appétit pour le dindon est revenu et avec ça, le sourire des producteurs », conclut Benoît Fontaine.